Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger et les recettes touristiques ont dépassé ensemble 11,66 milliards de dinars à fin août 2026, en hausse de 5,13 % sur un an. Les TRE gardent une légère avance et apparaissent comme le flux le plus régulier, alors que les réserves de change restent sous pression.

À fin août 2026, deux sources de devises continuent de jouer un rôle déterminant dans l’équilibre extérieur de la Tunisie. Les revenus du travail, composés principalement des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, atteignent environ 6,14 milliards de dinars, tandis que les recettes touristiques s’établissent autour de 5,52 milliards de dinars.

Ensemble, ces deux flux dépassent 11,66 milliards de dinars, soit une progression annuelle de 5,13 %. Les TRE restent devant, avec une hausse de 5,28 %, légèrement supérieure à celle du tourisme, estimée à 4,96 %.

Les TRE, amortisseur plus régulier

L’écart reste limité, mais sa portée économique est plus importante qu’il n’y paraît. Le tourisme demeure une source majeure de devises, mais son évolution dépend fortement de la saison, du transport aérien, de la conjoncture des marchés émetteurs et des dépenses réalisées par les visiteurs.

Les transferts des TRE présentent un profil différent. Ils reposent largement sur des flux familiaux récurrents, destinés à la consommation, au logement, aux études, à la santé ou à l’épargne. Cette régularité leur confère un rôle d’amortisseur particulièrement précieux lorsque les autres sources de financement extérieur ralentissent.

À ce stade de 2026, les TRE représentent environ 52,7 % du total cumulé des deux flux, contre 47,3 % pour le tourisme.

Des devises en hausse, mais des réserves sous tension

Cette progression ne signifie toutefois pas que la contrainte extérieure s’est dissipée.

Au 3 septembre 2026, les avoirs nets en devises de la Banque centrale de Tunisie se situaient autour de 25,27 milliards de dinars, soit l’équivalent de 99 jours d’importation.

Le contraste est significatif : les entrées issues des TRE et du tourisme progressent, mais le coussin de réserves reste sous pression. La raison tient notamment aux besoins croissants en devises générés par le commerce extérieur.

Sur les sept premiers mois de 2026, le déficit commercial tunisien a atteint environ 14,96 milliards de dinars, contre 11,90 milliards un an auparavant. Les importations ont progressé plus rapidement que les exportations.

Autrement dit, les devises entrent davantage, mais les sorties augmentent elles aussi.

Le vrai enjeu : transformer l’amortisseur en moteur

Le tourisme conserve un avantage majeur : il irrigue directement l’hôtellerie, la restauration, le transport, l’artisanat et une partie des services. Les transferts des TRE, eux, offrent davantage de stabilité.

Le véritable enjeu économique consiste donc moins à opposer ces deux ressources qu’à mieux les transformer en investissement productif.

Pour la Tunisie, le prochain test sera double : maintenir la progression de ces recettes tout en réduisant les besoins structurels de devises. Car 11,66 milliards de dinars constituent un solide amortisseur. Ils ne remplacent pas, à eux seuls, une amélioration durable de la balance extérieure.

Les chiffres clés

  • 11,66 milliards de dinars : TRE + recettes touristiques à fin août 2026
  • +5,13 % : progression annuelle cumulée
  • 6,14 milliards de dinars : revenus du travail / transferts des TRE
  • +5,28 % : hausse des transferts des TRE
  • 5,52 milliards de dinars : recettes touristiques
  • +4,96 % : hausse des recettes touristiques
  • 25,27 milliards de dinars : avoirs nets en devises au 3 septembre
  • 99 jours d’importation : couverture des réserves
  • 14,96 milliards de dinars : déficit commercial sur janvier-juillet 2026