Santé et bien-être, seniors, tourisme rural, haut de gamme et locations via plateformes : selon l’IACE, ces cinq segments pourraient générer 2,72 milliards de dinars à l’horizon 2030 et créer plus de 21 500 emplois. Une projection qui esquisse un modèle touristique moins dépendant du balnéaire.
Le prochain relais de croissance du tourisme tunisien pourrait venir de marchés encore sous-exploités. L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) estime que cinq segments — santé et bien-être, seniors, tourisme rural et maisons d’hôtes, haut de gamme et locations touristiques via plateformes — pourraient porter leurs recettes cumulées d’environ 1,55 milliard de dinars en 2025 à 2,72 milliards en 2030.
Le gain potentiel dépasse ainsi 1,1 milliard de dinars en cinq ans, avec plus de 21 500 emplois nouveaux à la clé.
Dans le scénario central présenté autour de l’étude, ces activités représenteraient 27,3 % des recettes touristiques projetées en 2030, soit près de 30 %. Le total des recettes du secteur atteindrait alors environ 9,95 milliards de dinars.
La santé, principal réservoir de croissance
Le tourisme de santé et de bien-être apparaît comme l’un des marchés les plus prometteurs. La Tunisie dispose déjà d’une base dans les soins médicaux, la chirurgie esthétique, la dentisterie et la thalassothérapie. Dans les scénarios les plus dynamiques, ce segment pourrait dépasser le milliard de dinars de recettes à l’horizon 2030.
Son principal avantage est économique : il génère des dépenses au-delà de l’hébergement classique et peut fonctionner en dehors de la haute saison. Il mobilise établissements de soins, transport, restauration, accompagnement et services spécialisés.
Le tourisme des seniors répond à la même logique de désaisonnalisation. Une clientèle de long séjour, moins dépendante du calendrier scolaire, pourrait contribuer à améliorer le taux d’occupation hors été.
Plus de valeur, davantage de régions
Le tourisme rural et les maisons d’hôtes pourraient, de leur côté, faire progresser leurs recettes d’environ 230 millions à 388 millions de dinars entre 2025 et 2030. Leur poids reste inférieur à celui de la santé, mais leur impact territorial peut être plus large en profitant directement aux petits opérateurs, à l’artisanat, aux producteurs locaux et aux régions de l’intérieur.
Le haut de gamme vise un autre objectif : augmenter la dépense par visiteur plutôt que le seul nombre d’arrivées. Après une année 2025 où les recettes touristiques tunisiennes ont atteint environ 8,1 milliards de dinars, l’enjeu est désormais d’accroître la valeur créée par chaque séjour.
Enfin, les locations via plateformes représentent un marché en croissance mais encore difficile à mesurer. Leur formalisation, à travers un registre, une identification des logements et un régime fiscal adapté, permettrait d’intégrer une plus grande part de cette activité dans l’économie officielle.
Les chiffres clés
2,72 milliards DT : recettes potentielles des cinq segments en 2030.
1,55 milliard DT : estimation de leur poids en 2025.
+1,17 milliard DT : progression potentielle en cinq ans.
21 500+ : emplois nouveaux estimés.
27,3 % : part des cinq segments dans les recettes projetées en 2030.
9,95 milliards DT : recettes touristiques totales projetées en 2030.
Le potentiel est donc significatif, mais il reste conditionné à des réformes, à des investissements et à une montée en gamme de l’offre. La question n’est plus seulement de recevoir davantage de touristes, mais de faire en sorte que chaque visiteur dépense plus, reste plus longtemps et contribue à davantage de territoires.


