Avec 14,1 millions de visiteurs à fin août 2026, en hausse de 4,5% sur un an, le Maroc poursuit sa montée en puissance touristique. Août a même franchi pour la première fois le seuil des 2 millions d’arrivées. Mais à mesure que les records tombent, la question change : le Royaume peut-il maintenir cette cadence jusqu’à son objectif de 26 millions de touristes en 2030 ?
Le tourisme marocain continue de battre des records, mais il entre désormais dans une phase plus exigeante. À fin août 2026, le pays avait accueilli 14,1 millions de touristes, soit environ 608.000 de plus qu’un an auparavant. Le seul mois d’août a dépassé pour la première fois les 2 millions d’arrivées, avec une progression de 3% sur un an.
Cette performance intervient après une année 2025 déjà exceptionnelle : le Maroc avait accueilli 19,8 millions de visiteurs, en hausse de 14%, dépassant largement l’objectif de 17,5 millions fixé dans la feuille de route touristique 2023-2026.
Le prochain cap est désormais fixé à 26 millions de touristes en 2030.
Une croissance encore soutenable ?
Passer de 19,8 millions de visiteurs en 2025 à 26 millions en 2030 suppose une croissance moyenne d’environ 5,6% par an. Or, sur les huit premiers mois de 2026, la progression est de 4,5%.
Le ralentissement n’a rien d’anormal après le bond enregistré en 2025, mais il montre que les prochains millions de visiteurs seront plus difficiles à conquérir. Plus la base touristique augmente, plus il faut investir dans les capacités aériennes, l’hébergement, la mobilité, les services et la formation.
La stratégie aéroportuaire illustre cette montée en puissance. Le Maroc ambitionne de porter la capacité de ses aéroports à 80 millions de passagers à l’horizon 2030, avec un programme d’investissement annoncé de 38 milliards de dirhams.
Les recettes progressent plus vite que les arrivées
L’indicateur le plus encourageant n’est peut-être pas celui des volumes, mais celui de la valeur générée.
À fin juillet 2026, les recettes voyages atteignaient 79 milliards de dirhams, en hausse de 13,4% sur un an. En 2025, elles avaient déjà atteint 138 milliards de dirhams, soit +21%.
Le différentiel entre croissance des recettes et hausse des arrivées suggère que le Maroc parvient, au moins pour l’instant, à mieux monétiser sa fréquentation touristique. C’est un enjeu central : attirer davantage de visiteurs n’a de sens économique que si les dépenses, les nuitées, l’emploi et l’investissement suivent.
Le tourisme représentait déjà 116,2 milliards de dirhams de PIB en 2024, soit 7,3% du PIB national.
Le prochain défi : éviter la saturation
La croissance ne pourra toutefois pas reposer indéfiniment sur Marrakech, Agadir, Casablanca ou Tanger. Les infrastructures, les ressources en eau, le foncier, la mobilité et la qualité des services peuvent devenir des contraintes si la fréquentation continue d’augmenter rapidement.
L’enjeu est donc double : poursuivre la croissance tout en diffusant davantage les flux vers d’autres destinations et en augmentant la valeur créée par chaque séjour.
Le Maroc semble encore avoir de la marge pour atteindre les 26 millions de touristes en 2030. Mais son succès ne se mesurera plus seulement au nombre de visiteurs franchissant ses frontières. La prochaine étape sera de transformer cette puissance d’attraction en une machine durable de création de valeur.
- 14,1 millions de touristes à fin août 2026
- +4,5% sur un an
- Plus de 2 millions d’arrivées en août 2026
- 19,8 millions de touristes en 2025
- 138 milliards de DH de recettes voyages en 2025
- 79 milliards de DH de recettes à fin juillet 2026
- 26 millions de touristes visés en 2030
- 80 millions de passagers de capacité aéroportuaire ciblés en 2030
- 116,2 milliards de DH de PIB touristique en 2024
- 7,3% du PIB marocain généré par le tourisme en 2024


