Raffinerie PétroleLa Libye figure parmi les producteurs qui alimentent un constat préoccupant : plus de 43 % de la production mondiale de pétrole provenait en 2025 de pays touchés par des conflits. La baisse récente du Brent apaise temporairement les marchés, sans faire disparaître la fragilité de l’offre.

Le marché pétrolier reprend momentanément son souffle. Le Brent est retombé autour de 86 dollars le baril le 26 août, en baisse de plus de 2 %, alors que les investisseurs espèrent des progrès dans les discussions entre l’Iran et Oman sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Cette détente intervient pourtant dans un environnement énergétique mondial devenu particulièrement exposé aux conflits. Selon une analyse de Reuters fondée sur les données de l’Agence internationale de l’énergie, les pays affectés par des guerres ou de graves tensions — parmi lesquels l’Iran, la Russie, l’Ukraine, la Libye, le Kazakhstan et le Venezuela — représentaient environ 45 millions de barils par jour en 2025, soit plus de 43 % de la production pétrolière mondiale.

La Libye, production élevée mais infrastructures vulnérables

Dans cet ensemble, la Libye occupe une place particulière. Le pays a réussi à porter sa production à environ 1,44 million de barils par jour, son niveau le plus élevé depuis 2013. Cette remontée constitue un acquis important pour une économie très dépendante des hydrocarbures.

Mais elle reste exposée aux divisions politiques et aux violences qui affectent régulièrement les installations énergétiques. Début août, des attaques de drones ont provoqué des incendies dans le complexe pétrolier de Zawiya, qui abrite la plus grande raffinerie du pays, d’une capacité de 120 000 barils par jour, et constitue un maillon stratégique relié au champ pétrolier de Sharara.

Quelques jours plus tard, une attaque contre une sous-station électrique de Zawiya a provoqué d’importantes coupures. La compagnie américaine GE a suspendu ses opérations sur place et retiré ses équipes techniques, tandis que plus de 700 mégawatts de capacité électrique devenaient indisponibles. La National Oil Corporation a alors averti qu’une poursuite des attaques contre les infrastructures pourrait conduire à une déclaration de force majeure.

Un répit de marché, pas une disparition du risque

La baisse du Brent traduit donc surtout un changement d’anticipation. Les marchés parient actuellement sur une amélioration des conditions de navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole. Le 25 août, le Brent avait déjà clôturé à 88,58 dollars, en recul de plus de 3 %.

Pour la Libye, cette accalmie internationale ne modifie toutefois pas le risque fondamental : une production élevée repose toujours sur des infrastructures exposées aux affrontements internes. Pour les marchés, la question n’est donc pas seulement celle du prix actuel du baril, mais celle de la capacité de producteurs comme la Libye à maintenir durablement leurs volumes.

Le recul du Brent réduit momentanément la prime de risque géopolitique. Il ne supprime ni les conflits, ni la vulnérabilité physique de près de la moitié de l’offre pétrolière mondiale.

Les chiffres clés

  • 43 % de la production mondiale issue de pays affectés par des conflits ;
  • 45 millions de barils par jour concernés en 2025 ;
  • 1,44 million de barils par jour produits par la Libye ;
  • Brent autour de 86 dollars le 26 août 2026.