LES 3 CITATIONS DU JOUR
1. « Notre coopération avec l’Iran est menée dans le cadre du droit international et ne devrait faire l’objet d’aucune ingérence ni entrave. »
Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
Pékin a réagi directement aux nouvelles sanctions américaines contre l’Iran. Lin Jian a ajouté que la Chine suivait de près l’évolution de la situation et prendrait les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts.
Pourquoi : la Chine est le principal point de fragilité de la stratégie américaine. Washington a sanctionné des dizaines d’acteurs liés à l’Iran, mais a évité de viser les grandes institutions financières chinoises. La confrontation reste donc contenue — pour le moment.
2. « Lorsque les États-Unis ont exigé trop et offert trop peu, nous avons choisi de défendre les intérêts de la population canadienne. »
François-Philippe Champagne, ministre canadien des Finances et du Revenu national
Le Canada a officialisé mardi sa riposte aux nouveaux droits de douane américains. Ottawa appliquera des contre-tarifs au dollar près et au taux près, ciblant notamment l’acier, les produits laitiers, l’électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers et l’électronique.
Pourquoi : le conflit commercial États-Unis–Canada cesse d’être une simple menace. Il entre dans une phase de représailles structurées qui risque d’affecter les chaînes d’approvisionnement nord-américaines.
3. « Consumer confidence moderated slightly in August for a second consecutive month. »
Dana M. Peterson, économiste en chef du Conference Board
Le moral des consommateurs américains s’est encore tassé en août. Peterson précise que les anticipations se sont nettement détériorées, notamment pour les conditions économiques et le marché du travail dans les six prochains mois.
Lecture : le consommateur américain demeure l’un des principaux moteurs de la croissance mondiale. Une érosion prolongée de la confiance, combinée à une inflation persistante et à des prix de l’essence élevés, constitue un signal macroéconomique à surveiller.
LES 3 CHIFFRES CLÉS DU JOUR
88,34 dollars
C’est le niveau auquel le Brent est tombé mardi, après une baisse de plus de 4 % au cours de la séance. Le WTI américain est descendu à environ 81,67 dollars.
Le mouvement est important : les investisseurs semblent considérer que les sanctions annoncées contre l’Iran ne réduiront pas immédiatement de façon spectaculaire l’offre pétrolière mondiale. Washington n’a notamment pas ciblé les grandes banques chinoises participant au financement du commerce iranien.
Lecture : après plusieurs semaines dominées par la prime de risque géopolitique, le pétrole passe sous les 90 dollars. Cela réduit provisoirement la pression inflationniste mondiale, mais la situation demeure fragile : un pétrolier a encore été touché mardi près du détroit d’Ormuz.
27,6 milliards de dollars canadiens
C’est la valeur des importations américaines que le Canada va soumettre à ses nouvelles contre-mesures tarifaires à partir du 8 septembre 2026.
Ottawa appliquera des droits de 15 %, 25 % ou 50 %, en fonction des catégories de produits, afin de répondre symétriquement aux nouveaux tarifs américains. Le gouvernement ajoute parallèlement 7,5 milliards de dollars canadiens de nouvelles mesures de soutien aux entreprises et travailleurs touchés.
Lecture : l’Amérique du Nord entre dans une phase où les tarifs ne sont plus seulement des outils de négociation. Ils commencent à modifier directement les coûts d’approvisionnement et les décisions d’investissement.
68,2
C’est le niveau de l’Expectations Index du Conference Board en août, en baisse de 5,8 points sur un mois. L’indice global de confiance des consommateurs américains tombe parallèlement à 89,4, son plus bas niveau depuis janvier.
Le contraste est frappant : l’indice mesurant la perception de la situation actuelle remonte à 121,2, tandis que les anticipations se dégradent fortement.
Lecture : les ménages américains ne décrivent pas encore une récession présente ; ils expriment surtout une inquiétude croissante sur ce qui vient. Pour les marchés, c’est potentiellement plus important qu’une mauvaise statistique ponctuelle.
LECTURE DU JOUR
Le fait majeur du 25 août est que les marchés ont commencé à décorréler la rhétorique politique du risque économique immédiat.
Les sanctions américaines contre l’Iran avaient été présentées comme une offensive financière extrêmement dure. Mais leur première application reste prudente : Washington menace les partenaires commerciaux de Téhéran tout en évitant, pour l’instant, une confrontation frontale avec les grandes banques chinoises. Le marché pétrolier l’a immédiatement interprété comme un signal de moindre risque, faisant retomber le Brent sous 90 dollars.
Cette détente énergétique ne signifie pourtant pas une détente économique générale.
Au Canada, la riposte tarifaire devient concrète et porte sur 27,6 milliards de dollars canadiens d’importations américaines. Aux États-Unis, le consommateur devient simultanément plus inquiet quant à l’emploi et aux perspectives économiques. Enfin, les marchés obligataires restent extrêmement sensibles aux interventions du Trésor américain et aux prochaines indications de la Réserve fédérale.
Le scénario qui émerge est donc moins celui d’un choc unique que celui d’une accumulation de frictions :
Iran → sanctions financières
Canada → guerre tarifaire
États-Unis → confiance des ménages en recul
Marchés → pétrole en baisse, mais incertitude monétaire persistante



