La National Oil Corporation veut porter la production libyenne d’environ 1,4 million à 2 millions de barils par jour autour de 2030. Pour financer cette montée en puissance, elle compte mobiliser plusieurs dizaines de milliards de dollars et solliciter davantage les investisseurs étrangers.
La Libye dispose de réserves pétrolières considérables, mais leur développement se heurte à un obstacle majeur : le financement. Le président de la National Oil Corporation (NOC), Masoud Suleman, estime à environ 36 milliards de dollars les investissements nécessaires pour développer les ressources du pays et approcher une production de 2 millions de barils par jour autour de 2030.
Le défi est de taille. La production libyenne évolue actuellement autour de 1,4 million de barils par jour. Atteindre l’objectif affiché suppose donc d’ajouter environ 600 000 barils quotidiens, soit une hausse de plus de 40 %.
Cette ambition intervient alors que des dizaines de découvertes restent encore inexploitées. Selon Suleman, plus de 60 champs découverts n’auraient pas encore été développés, principalement en raison du manque de capitaux. Ce chiffre, rapporté dans la presse économique internationale, constitue toutefois une estimation de la direction de la NOC et n’est pas accompagné, à ce stade, d’un inventaire public détaillé de ces champs.
Faire davantage appel aux investisseurs étrangers
La stratégie de la NOC consiste désormais à répartir plus largement l’effort financier.
Sur les quelque 36 milliards de dollars évoqués, environ 20 milliards seraient mobilisés par la compagnie nationale, tandis que 16 milliards devraient provenir de partenaires étrangers, selon les déclarations rapportées en août 2026.
La NOC envisage également de faire évoluer certains modèles contractuels afin que les entreprises internationales prennent davantage en charge les dépenses initiales de développement.
L’enjeu est sensible. Des contrats plus attractifs peuvent accélérer l’arrivée de capitaux et permettre la mise en production de nouveaux gisements. En contrepartie, Tripoli devra offrir aux investisseurs une rémunération suffisante du risque, dans un pays où les interruptions de production liées aux tensions politiques et institutionnelles ont régulièrement pesé sur le secteur.
La Libye tente déjà de relancer l’intérêt international. Sa récente campagne d’exploration a porté sur 22 blocs, terrestres et offshore, avec l’objectif de ramener durablement les grandes compagnies pétrolières sur son territoire.
Mais les annonces de capacité devront encore être converties en investissements réels. L’objectif de 2 millions de barils par jour reste une cible industrielle, non une prévision garantie. Sa réalisation dépendra de la disponibilité des financements, de la stabilité des installations, du cadre contractuel et, surtout, de la continuité politique.
Pour une économie dont les hydrocarbures assurent l’essentiel des recettes publiques et des exportations, l’enjeu dépasse largement la seule NOC : chaque baril supplémentaire constitue une source potentielle de devises et de revenus budgétaires.
Les chiffres du pétrole libyen
- ≈ 1,4 million de barils/jour : production actuelle
- 2 millions de barils/jour : objectif autour de 2030
- +600 000 barils/jour : hausse nécessaire pour atteindre cette cible
- ≈ 36 milliards de dollars : investissements estimés
- 20 milliards de dollars : part que la NOC prévoit de mobiliser
- 16 milliards de dollars : financement recherché auprès de partenaires étrangers
- Plus de 60 champs : découvertes restant à développer, selon la NOC
- 22 blocs : périmètres proposés lors de la récente campagne d’exploration


