
Le pétrole est redevenu le thermomètre de la peur mondiale.
À 109,97 dollars le baril, le Brent ne menace pas seulement le portefeuille des automobilistes. Il renchérit le transport, la production industrielle, l’agriculture, les importations et, à terme, les prix à la consommation.
Pour la Tunisie, le choc est d’autant plus brutal que le cadrage budgétaire 2026 reposait sur un pétrole autour de 63,3 dollars.
Entre 63 et 110 dollars, il y a plus qu’un écart de prix : il y a un risque budgétaire.
À fin juillet, le déficit commercial énergétique tunisien atteignait déjà 7,946 milliards de dinars, en hausse de 31,6 % sur un an. Les importations énergétiques progressaient de 35,7 %.
Si le pétrole reste durablement au-dessus de 100 dollars, la mécanique est simple : davantage de devises consacrées à l’énergie, davantage de pression sur la compensation, davantage d’inflation et moins de marge pour soutenir l’activité.
Et le choc n’est pas seulement tunisien.
Aux États-Unis, les rendements à dix ans ont approché 5 %. En Europe, la BCE vient de relever son taux de dépôt à 2,50 %. Si le pétrole entretient l’inflation, le scénario de baisse des taux pourrait laisser place à un nouveau durcissement monétaire.
Le cocktail devient dangereux : énergie chère, argent cher, croissance faible.
La Tunisie affronte pourtant cette tempête avec un moteur productif affaibli. Elle ne compte plus que 4 519 entreprises industrielles de dix salariés ou plus. En cinq ans, environ 600 entreprises industrielles ont disparu.
Mais une fenêtre existe encore.
La conférence textile euro-méditerranéenne de Tunis, avec plus de 150 industriels et décideurs, a montré que le pays reste regardé comme une plateforme possible de nearshoring vers l’Europe.
Encore faut-il transformer cet intérêt en usines, en exportations et en emplois.
Le pétrole à 110 dollars n’est pas seulement un choc énergétique. C’est un test de résistance économique. Et pour la Tunisie, il rappelle une urgence : produire davantage, importer moins d’énergie et arrêter de perdre ses entreprises et ses compétences.
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7 CHIFFRES À RETENIR
- 109,97 $ : pic du Brent cette semaine.
- 63,3 $ : hypothèse pétrolière du cadrage budgétaire tunisien 2026.
- +73,7 % : écart entre 63,3 et 110 dollars.
- 7,946 Mds TND : déficit énergétique à fin juillet 2026.
- +31,6 % : aggravation annuelle de ce déficit.
- 4 519 : entreprises industrielles tunisiennes de 10 salariés ou plus.
- 600 : entreprises industrielles disparues en cinq ans.


