
Un Plan 2026-2030 confronté à la question du financement
L’éditorial pose une question centrale : la Tunisie peut-elle financer les ambitions affichées pour les cinq prochaines années ? Le Plan de développement 2026-2030 représente une enveloppe annoncée de 101,835 milliards de dinars et 21 100 projets. Près de 70 % du portefeuille doit concerner des projets à vocation locale.
Les infrastructures et services représentent 44,513 milliards de dinars. L’industrie, l’énergie et les mines reçoivent 17,775 milliards, tandis que 11,584 milliards sont destinés à l’agriculture et aux ressources hydrauliques. Le financement prévu repose à 61 % sur le budget de l’État, à 30 % sur les entreprises publiques et à 9 % sur les partenariats public-privé.
Crédit, dette et économie productive
Plusieurs articles du numéro abordent les tensions entre financement public et financement de l’économie productive. L’analyse du rapport annuel 2025 de la BCT publiée dans LeMag indique notamment une progression de 10,5 % de la masse monétaire M3 pour une croissance de 2,5 %, ainsi qu’une absorption de 35,7 % du crédit disponible par l’État. Ces données sont présentées dans le magazine comme des éléments du débat sur l’allocation des ressources financières.
Un autre dossier consacré aux bilans bancaires indique que les financements alloués au secteur public atteignent 123 milliards de dinars en 2025 et représentent 28 % des actifs bancaires. Le magazine en tire la question d’un éventuel effet d’éviction sur l’investissement privé.
PME : le capital-investissement comme solution complémentaire
Le capital-investissement constitue l’un des sujets mis en avant sur la couverture. Selon le dossier des pages 38-39, les investissements réalisés dans ce cadre atteignent 5,4 milliards de dinars sur la période 2011-2024, au profit de plus de 2 000 entreprises.
Le mécanisme est présenté comme une alternative complémentaire au crédit bancaire. Il associe apport en capitaux, participation à la gouvernance et accompagnement des entreprises. Le dossier souligne toutefois que ce mode de financement ne peut répondre seul à l’ensemble des besoins des PME et évoque la nécessité d’autres leviers institutionnels.
La connaissance comme autre ressource stratégique
Aux pages 27-28, LeMag déplace le débat vers la souveraineté technologique. Le dossier consacré aux mathématiques présente la maîtrise scientifique comme un enjeu de capacité à développer l’intelligence artificielle, la data et d’autres technologies.
Le magazine mentionne plus de 22 000 chercheurs, près de 10 600 publications scientifiques indexées dans Scopus en 2025 et environ 2 000 publications concernant les mathématiques. Il cite également un taux de réussite de 84,4 % au baccalauréat en section mathématiques.
Cette articulation entre connaissances et économie se retrouve dans le portrait de Riyasol. L’entreprise présentée pages 32-33 combine intelligence artificielle, technologie BIM et architecture vernaculaire afin de développer des outils pour la construction durable.
Un numéro également tourné vers la culture et les territoires
WMC LeMag n°257 consacre un portrait à Youssef Belhani, directeur artistique de la Troupe nationale de musique, qui travaille entre répertoire arabe et tunisien et arrangements contemporains. Pages 47-48.
Le carnet de route conduit ensuite à Beni M’Tir. Le reportage décrit un village du Nord-Ouest entouré de forêts, de reliefs et d’un lac lié au barrage voisin. Le texte évoque la possibilité d’un tourisme de nature à petite échelle tout en alertant sur la nécessité de préserver les caractéristiques du lieu.
Accès : kiosque WMC


