MTN LogoAvec 70,8 millions d’utilisateurs actifs de Mobile Money et 330,5 milliards de dollars de transactions financières traitées en six mois, MTN ne se contente plus de vendre de la connectivité. Le géant africain étudie des licences bancaires dans certains marchés et prépare parallèlement des data centers adaptés à l’intelligence artificielle. Une stratégie qui le rapproche à la fois de la banque, de la fintech et des infrastructures numériques.

MTN ne devient pas encore une banque au sens classique. Mais la frontière se brouille.

Du mobile money vers le crédit

Le groupe sud-africain étudie l’obtention de licences bancaires dans certains de ses marchés africains, avec l’objectif de pouvoir recevoir des dépôts et, à terme, financer progressivement une partie des crédits sur son propre bilan. Cette évolution marquerait une nouvelle étape pour MoMo, son activité de mobile money, aujourd’hui principalement centrée sur les paiements, transferts et services financiers distribués avec des partenaires.

L’enjeu est considérable. À fin juin 2026, MTN comptait 317,7 millions de clients, dont 70,8 millions d’utilisateurs actifs mensuels de MoMo. Sur les six premiers mois de l’année, ses activités fintech ont traité environ 13 milliards de transactions, pour une valeur de 330,5 milliards de dollars.

Des services financiers plus rémunérateurs

Pour MTN, cette masse de transactions ouvre la voie à des services à plus forte valeur ajoutée : crédit, assurance, paiements marchands ou transferts internationaux. Les services fintech avancés ont ainsi progressé de 31,8 % au premier semestre 2026 à taux de change constants.

Le passage au crédit sur bilan changerait toutefois profondément le profil de risque. Un opérateur qui facilite un paiement facture un service. Un acteur qui prête son propre argent doit gérer le défaut, la liquidité, les provisions et les exigences réglementaires.

MTN avance donc avec prudence : les licences envisagées seraient ciblées sur les marchés où la base de clients et les montants détenus dans les portefeuilles électroniques rendent ce modèle économiquement pertinent.

L’autre pari : les infrastructures de l’IA

Le groupe pousse simultanément dans une autre direction : les infrastructures liées à l’intelligence artificielle.

MTN prépare, via Africa Data Hub Holding, des data centers adaptés aux besoins de calcul de l’IA en Afrique du Sud et au Nigeria. La première phase vise environ 150 mégawatts de capacité.

Il serait cependant excessif de présenter MTN comme un futur géant africain de l’IA. Son positionnement se situe surtout dans les infrastructures nécessaires à son développement : réseaux, fibre, centres de données, capacité de calcul et hébergement.

De l’opérateur télécom à la plateforme numérique

Cette diversification s’inscrit dans une stratégie plus large. MTN veut progressivement occuper plusieurs couches de l’économie numérique africaine : télécommunications, paiements, crédit, infrastructures physiques et services numériques.

La question centrale devient donc moins de savoir si MTN veut « devenir une banque » que de mesurer jusqu’où un opérateur télécom peut remonter la chaîne de valeur.

Avec une présence dans plusieurs grands marchés africains et une base de près de 318 millions de clients, MTN possède déjà la distribution. Son défi sera désormais de transformer cette puissance commerciale en revenus financiers et numériques sans importer avec elle les risques propres à la banque et aux infrastructures technologiques lourdes.

Les chiffres clés

  • 317,7 millions de clients MTN à fin juin 2026
  • 70,8 millions d’utilisateurs actifs mensuels de MoMo
  • 13 milliards de transactions fintech au premier semestre 2026
  • 330,5 milliards de dollars** de valeur de transactions
  • +31,8 % pour les services fintech avancés
  • 150 MW de capacité de data centers visée en Afrique du Sud et au Nigeria

MoMo, le moteur financier de MTN

MoMo, le service de mobile money de MTN, est devenu l’un des principaux leviers de diversification du groupe au-delà des télécommunications. Accessible depuis un téléphone mobile, il permet notamment d’effectuer des transferts d’argent, paiements, règlements marchands et autres opérations financières, avec des services de crédit, d’assurance et de transferts internationaux en développement selon les marchés.

À fin juin 2026, MoMo comptait 70,8 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Au premier semestre, les activités fintech de MTN ont traité environ 13 milliards de transactions, pour une valeur totale de 330,5 milliards de dollars.

Cette base donne à MTN un avantage stratégique : une relation financière déjà établie avec des dizaines de millions de clients, dont certains restent peu ou mal servis par les banques traditionnelles. Le groupe cherche désormais à aller plus loin dans le crédit et envisage, dans certains pays, des licences bancaires qui lui permettraient notamment de recevoir des dépôts et de prêter progressivement sur son propre bilan.

MoMo en chiffres

  • 70,8 millions d’utilisateurs actifs mensuels
  • 13 milliards de transactions au S1 2026
  • 330,5 milliards de dollars de transactions
  • +31,8 % pour les services fintech avan