La régénération des forêts incendiées ne saurait être immédiate : il faut attendre un à deux ans minimum avant toute intervention humaine, le temps de laisser la nature opérer ses propres mécanismes de résilience, a indiqué la Direction générale des forêts.

Dans un premier temps, la première année post-incendie est exclusivement dédiée à la protection et à l’aménagement du terrain. Elle passe par trois actions prioritaires : la coupe et l’enlèvement du bois calciné pour prévenir les attaques de ravageurs (notamment les scolytes), la lutte contre l’érosion via l’installation de fascines et de barrages en bois sur les pentes pour stabiliser les sols avant les premières pluies, et l’interdiction totale du pâturage afin de préserver les jeunes pousses.

La deuxième année, les zones brûlées sont laissées en libre évolution pour bénéficier de la capacité de résilience des essences méditerranéennes. Le pin d’Alep, le chêne-liège ou la bruyère disposent en effet d’atouts remarquables : leurs graines, protégées dans des cônes qui s’ouvrent sous l’effet de la chaleur, germent en abondance sur un sol enrichi par les cendres dès les premières pluies. Parallèlement, des espèces comme le caroubier ou le chêne rebourgeonnent à partir de leurs racines et rejets de souche.

Ce n’est qu’à partir de la deuxième ou troisième année que l’intervention humaine devient obligatoire, mais uniquement si la régénération naturelle s’avère insuffisante. Le reboisement artificiel doit alors être programmé entre novembre et mars, pour tirer parti de l’humidité hivernale. La Direction générale préconise de diversifier les essences en privilégiant les plus résistantes au feu et à la sécheresse (caroubier, olivier sauvage, pin pignon) et d’éviter les monocultures, tout en utilisant des plants locaux adaptés à l’écosystème.

La Direction générale met en garde contre toute précipitation : planter artificiellement juste après l’incendie risquerait de détruire les graines latentes et d’endommager la structure fragile du sol. « La patience et l’évaluation sur le terrain sont le secret de la réussite de la restauration de nos forêts », a-t-elle insisté.