Le cinéma tunisien est mis à l’honneur lors de la septième édition du Festival international du film d’Amman – Awal Film (AIFF), qui s’est ouverte dimanche soir dans la Capitale jordanienne Amman avec la projection du long-métrage « Sophia » de Dhafer L’Abidine.

Cette 7e édition, qui se déroule du 26 juillet au 3 août 2026, consacre un coup de projecteur au cinéma national à travers une section rétrospective spéciale et la sélection de trois œuvres tunisiennes en compétition officielle.

Le festival “Awal Film” rassemble 82 films, issus de 27 pays, qui concourent pour l’Iris Noir, la récompense suprême.

Le long-métrage « Sophia », projeté en présence de son auteur lors de la soirée d’ouverture dans la section des séances spéciales, est un thriller familial explorant les tensions de l’exil entre le Royaume-Uni et la Tunisie.

Troisième réalisation de Dhafer L’Abidine, ce film suit le parcours d’un père tunisien expulsé, recherché des années plus tard par sa compagne et sa fille. Récemment sacré Meilleur réalisateur lors du Festival du film de Manchester au Royaume-Uni, ce long-métrage réunit un casting tuniso-britannique international, comprenant notamment Hiba Abouk, Kais Sebti, Jessica Brown Findlay et Alex MacQueen.

« Pour les cinéastes arabes, regarder au-delà du cadre signifie se réapproprier nos propres récits », a déclaré la présidente du festival, la princesse Rym Ali, estimant que « pendant trop longtemps, d’autres ont décidé quelles histoires méritaient d’être vues ».

La présence tunisienne sur les écrans jordaniens s’accompagne d’une section rétrospective spéciale baptisée « Spotlight on Tunisian Cinema » (Pleins feux sur le cinéma tunisien), qui projette six longs-métrages marquants de l’histoire du cinéma national : « Les Silences du palais » de Moufida Tlatli (1994) – œuvre dans laquelle s’est d’ailleurs révélée l’actrice Hend Sabry –, « Satin Rouge » de Raja Amari (2002), « Making Of » de Nouri Bouzid (2006), « Hedi » de Mohamed Ben Attia (2016), « La Belle et la Meute » de Kaouther Ben Hania (2017) ainsi que le film « Exile » de Mehdi Hmili (2025).

Parallèlement, trois œuvres tunisiennes sont en lice pour les prix officiels au sein des sections compétitives arabes. Il s’agit du long-métrage de fiction « Where the Wind Comes From » d’Amel Guellaty, ainsi que des deux courts-métrages « Somewhere I Belong » de Youssef Handouse et « The Light that Remains » de Youssef Guermazi.

La cérémonie a également été marquée par un hommage posthume rendu à l’acteur palestinien Mohammad Bakri, en présence de sa famille. Les organisateurs ont par ailleurs introduit les jurys officiels, marqués par une importante représentation tunisienne.

L’actrice Hend Sabry siège au sein du jury de la compétition des longs-métrages de fiction arabes, tandis que le réalisateur et scénariste Mehdi Barsaoui apporte son expertise au volet professionnel en siégeant au sein du jury des Amman Film Industry Days (AFID), chargé d’évaluer 20 projets de films arabes en développement et en post-production.

Ce premier festival international de cinéma jordanien constitue une vitrine dynamique pour les jeunes talents arabes. Ce rendez-vous annuel se poursuivra jusqu’au 3 août 2026, alternant projections en première diffusion nationale, débats publics et rencontres professionnelles.

Le palmarès sera décerné par des jurys internationaux pour les quatre compétitions officielles, parallèlement aux prix du public