L’artiste tunisienne Eya Daghnouj a ouvert, hier vendredi soir, le 43e Festival international de Bizerte, avec un spectacle musical au Théâtre de plein air de Bizerte, au milieu d’une présence honorable du public. Il s’agit de sa deuxième expérience dans la prise en charge de la soirée d’ouverture d’un festival international, après avoir inauguré le Festival international de Dougga l’année dernière.
Avec l’extinction des lumières du théâtre et sa montée sur scène sous les applaudissements de l’assistance, Daghnouj a choisi de présenter un spectacle musical dont les tableaux ont varié entre le Tarab arabe authentique, le patrimoine musical tunisien et le chant bédouin tunisien. Une œuvre qui reflète le parcours artistique qu’elle s’est tracé depuis son émergence sur la scène artistique après sa participation à l’émission “The Voice” en 2018, où elle avait attiré l’attention en revisitant la chanson patrimoniale tunisienne avec une vision contemporaine, s’appuyant sur sa formation musicale à l’École de la Rachidia.
L’artiste a entamé la première partie de la soirée en interprétant le chef-d’œuvre d’Oum Kalthoum “Alf Leila Wa Leila”, avant de passer à la chanson “Batwanes Beek” de Warda Al-Jazairia, puis au chef-d’œuvre de l’artiste libanais Melhem Barakat “Ta’a Nensa”, mettant ainsi en valeur ses compétences vocales dans l’interprétation des maqâmat orientaux. Elle a également interprété un medley des chansons les plus célèbres de la regrettée artiste Naâma, évoquant à travers lui une partie du répertoire de l’une des pionnières les plus en vue de la chanson tunisienne, avant de présenter un certain nombre de ses propres chansons issues de son premier album, composé par le maestro Mohamed Lassoued, dans une expérience à travers laquelle elle a cherché à mêler la chanson contemporaine au caractère romantique oriental.
Avec le lancement de la deuxième partie du spectacle, la soirée a pris une tournure patrimoniale et spirituelle. La troupe “Essalah El Banzartia” a ouvert cet intermède dans une ambiance festive où les chants rythmés et les invocations religieuses se sont mêlés à l’encens et aux étendards symboliques associés aux saints patrons, évoquant les traits du patrimoine populaire tunisien. Eya Daghnouj a ensuite enchaîné en présentant un cocktail musical inspiré de la spécificité du patrimoine bizertin, rappelant un certain nombre de chansons liées à la mémoire musicale de la région et à ses célébrations populaires.
L’artiste n’a pas négligé le patrimoine Kefois, qui a été lié aux débuts de sa popularité auprès du public. Elle a ainsi interprété les chansons “Nesma Kafia” et “Nagouz Tkallem”, deux des modèles les plus éminents du chant bédouin tunisien qu’elle est célèbre pour avoir revisités depuis sa participation à l’émission “The Voice”, avant d’interpréter la chanson “Jibouli Khali” qui a, elle aussi, suscité une large interaction de la part du public.
Daghnouj a également dédié une séquence pour rendre hommage à un certain nombre d’icônes de la chanson tunisienne. Elle a ainsi adressé un salut à l’artiste Souad Mahassen, lui souhaitant un prompt rétablissement, avant d’interpréter un medley des chansons les plus célèbres de la regrettée artiste Saliha, parmi lesquelles “Ham Wada’ouni” et “Ah Ah Ya Khila”, ravivant ainsi une partie de la mémoire musicale tunisienne.
Les gradins du Théâtre d’été ont connu une affluence honorable du public qui a interagi avec les différentes séquences du spectacle, en particulier lors des intermèdes inspirés du patrimoine bizertin, du patrimoine du Kef et du chant bédouin tunisien. Plusieurs personnes présentes ont répété les paroles de certaines chansons et ont applaudi sur leurs rythmes.
L’artiste, qui a reçu sa formation musicale depuis son enfance à l’École de la Rachidia, est apparue soucieuse, au cours de cette soirée, d’investir les différents éléments du spectacle, combinant performance vocale, présence sur scène et interaction directe avec le public, dans une tentative de réussir le pari de la deuxième ouverture de festival international de sa carrière artistique — ce qui s’est traduit par la réactivité des présents qui ont suivi les différentes phases du spectacle.
Eya Daghnouj était accompagnée lors de cette soirée par un orchestre musical dirigé par le maestro Mohamed Lassoued, avec qui elle partage une expérience artistique antérieure à travers la composition de son premier album. L’harmonie entre la direction de l’orchestre et la performance vocale a été manifeste à toutes les étapes du spectacle, préservant ainsi son rythme musical et sa diversité entre le Tarab et la chanson patrimoniale.
L’artiste a clôturé sa soirée sous les applaudissements prolongés du public, qui est resté à suivre les différentes séquences du spectacle jusqu’à sa fin, lors d’une ouverture qui a offert à la 43e édition du Festival international de Bizerte un départ musical célébrant la chanson de Tarab et la richesse du patrimoine musical tunisien dans ses différents affluents.
Le programme de la 43e édition du Festival international de Bizerte se poursuit jusqu’au 19 août prochain, à travers une série de spectacles musicaux, théâtraux et artistiques animés par un certain nombre d’artistes tunisiens et arabes, confirmant le statut de ce rendez-vous culturel en tant que l’un des plus importants festivals estivaux en Tunisie.


