
Des chaînes de production à l’arrêt et des marchés menacés
Les interruptions de courant non planifiées désorganisent les processus de fabrication. Selon l’Union des petites et moyennes industries (UPMI), ces coupures provoquent l’arrêt brutal des machines, des baisses directes de productivité et des dommages matériels importants sur les équipements sensibles.
Au-delà des pertes matérielles directes, c’est la réputation internationale de l’industrie tunisienne qui est en jeu. Les entreprises exportatrices, incapables de tenir leurs calendriers, font face à des retards de livraison critiques, dégradant leurs relations commerciales avec les donneurs d’ordres étrangers. Devant l’urgence, la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) réclame une transparence et une anticipation accrues des plans de délestage pour permettre aux acteurs économiques d’adapter leurs cycles de production et leurs dispositifs de secours.
Un déficit d’approvisionnement structurel compensé par l’urgence
Le cœur du problème réside dans l’incapacité du réseau national à absorber les pics de consommation estivaux. Les estimations actuelles mettent en évidence un déséquilibre flagrant :
- Demande électrique maximale : environ 5 000 MW.
- Capacité de production nationale estimée : près de 4 630 MW.
Pour pallier ce déficit d’environ 370 MW, la Tunisie dépend en urgence d’importations d’électricité depuis l’Algérie. Les coupures ciblées demeurent le dernier rempart technique pour éviter l’effondrement complet du réseau, dans l’attente de publications techniques officielles et détaillées de la STEG.
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L’impossible équation du coût réel des coupures
Évaluer le préjudice financier exact de cette crise reste un exercice complexe faute de statistiques publiques unifiées. Les pertes intègrent la production non réalisée, la destruction de matières premières en cours de traitement, le coût de la main-d’œuvre inactive, les frais de redémarrage et le recours ultra-coûteux aux groupes électrogènes.
Un expert estime le coût de cette défaillance entre 4 et 5 dinars tunisiens (TND) par kilowattheure non distribué. Face à ce flou méthodologique, l’UPMI exige l’instauration d’un indice national pour mesurer précisément l’impact économique par secteur et par région.
Modernisation du réseau : l’échéance des réformes
La résolution de cette crise passe par la refonte des infrastructures. La Banque mondiale soutient actuellement un programme de 430 millions de dollars visant à améliorer la fiabilité, l’efficacité et la gouvernance du secteur énergétique tunisien. Le rapport d’étape de juin 2026 rappelle l’urgence de la situation : les pertes techniques et commerciales du réseau stagnaient à 19 % fin 2025, alors que l’objectif cible est fixé à 15 %. La résilience économique de la Tunisie dépendra de la rapidité d’exécution de ce chantier.
EN BREF
- Crise estivale : La Tunisie subit des coupures d’électricité tournantes en juillet 2026 dues à un déficit de production face à la canicule.
- Déficit énergétique : La demande frôle les 5 000 MW pour une capacité locale limitée à 4 630 MW, compensée partiellement par l’Algérie.
- Impact PME : L’UPMI et la Conect signalent des arrêts de machines, des pertes de matières premières et des retards de livraison à l’export.
- Facture lourde : Le coût économique du kilowattheure non distribué est évalué entre 4 et 5 TND par les experts.
- Modernisation : Un plan de la Banque mondiale de 430 millions de dollars cible la baisse des pertes réseau de 19 % à 15 %.


