
Un réseau saturé sous le poids de la canicule
L’été 2026 met à rude épreuve les infrastructures de la Tunisie. Entre le 15 et le 18 juillet 2026, plusieurs régions du pays ont enregistré des interruptions intermittentes ou prolongées de la fourniture d’énergie. Ce phénomène coïncide directement avec un pic exceptionnel de chaleur, saturant les capacités nationales.
Selon les explications fournies le 15 juillet par le Président-Directeur Général de la STEG, cette situation résulte d’une explosion de la demande électrique, principalement tirée par l’usage intensif des systèmes de climatisation. Pour l’opérateur historique, ces délestages ciblés s’imposent comme un ultime mécanisme de défense afin de prémunir le réseau national d’un “black-out” généralisé. Néanmoins, l’absence de bilan public national consolidé à ce jour laisse planer une incertitude sur la portée exacte et la fréquence de ces coupures.
L’impact sanitaire : les patients à domicile en première ligne
Si la panne d’électricité paralyse l’activité économique et dégrade le confort des foyers (arrêt des réfrigérateurs, des ventilateurs et des pompes à eau), ses répercussions les plus critiques s’observent sur le plan humain. Les coupures prolongées brisent la chaîne du froid alimentaire et menacent la conservation des produits médicaux thermosensibles.
Plus grave encore, la situation des patients soignés à domicile sous assistance médicale s’est rapidement précarisée. Le 17 juillet, plusieurs alertes médiatiques, notamment relayées par Business News, ont fait état de l’extrême vulnérabilité des personnes sous oxygénothérapie dépendantes de concentrateurs d’oxygène. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle à cet égard que la continuité électrique est une condition absolue pour le fonctionnement des dispositifs de survie, alors même que la chaleur extrême multiplie les risques de complications cardiovasculaires, respiratoires et rénales.
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Hôpitaux et structures de soins : le défi de l’autonomie
Face à la défaillance du réseau principal, le système de santé tunisien est contraint de basculer en mode de résilience. Bien qu’aucune source officielle n’ait rapporté d’interruption des soins critiques au sein des hôpitaux publics durant cette période, la vigilance reste de mise.
L’efficacité des structures hospitalières repose entièrement sur la viabilité de leurs générateurs de secours. Or, les petites structures de proximité et les centres de soins régionaux affichent une vulnérabilité supérieure, liée aux contraintes de maintenance et d’approvisionnement en carburant de leurs groupes électrogènes.
Les fluctuations de tension et les coupures brutales menacent non seulement les équipements de diagnostic sensibles, mais aussi les réserves de vaccins.
Cette crise estivale démontre que la transition vers des micro-réseaux et l’intégration des énergies renouvelables ne relèvent plus du choix théorique, mais d’une urgence de sécurité nationale.
EN BREF
- Crise de surchauffe : Entre le 15 et le 18 juillet 2026, la Tunisie subit des vagues de délestages électriques causées par une demande record liée à la climatisation.
- Doctrine de la STEG : La direction de la STEG justifie ces coupures comme une mesure technique de protection pour éviter une panne générale du réseau.
- Alerte sanitaire : Les patients sous oxygénothérapie à domicile se retrouvent en situation de danger critique par manque d’alimentation électrique continue.
- Risques collatéraux : L’OMS alerte sur les dangers combinés de la chaleur extrême et de la rupture de la chaîne du froid pour les aliments et les médicaments.
- Urgence infrastructurelle : Les structures sanitaires dépendent exclusivement de l’efficacité de leurs groupes électrogènes, accentuant la vulnérabilité des centres médicaux de proximité.


