
Moderniser les réseaux et réduire les pertes
La première réponse consiste à renforcer les lignes, les postes électriques et les systèmes de conduite du réseau. Le programme TEREG, approuvé par la Banque mondiale en novembre 2025 pour un montant de 430 millions de dollars, prévoit notamment d’améliorer la fiabilité de l’électricité, d’accélérer les énergies renouvelables et de renforcer les performances opérationnelles et financières de la STEG.
Les pertes sur les réseaux constituent également un enjeu. La Banque mondiale estimait les pertes de transport et de distribution de la Tunisie à environ 18 % de la production en 2023. Leur réduction passe par le remplacement d’équipements vieillissants, la détection des anomalies, la modernisation du comptage et une meilleure maintenance.
Diversifier la production électrique
La production tunisienne reste fortement dépendante du gaz naturel. Cette concentration expose le système aux contraintes d’approvisionnement en combustible et aux variations de prix. L’orientation retenue par les autorités consiste à porter les énergies renouvelables à 35 % de la production électrique en 2030.
La mise en service, le 16 décembre 2025, de la centrale solaire de Kairouan, d’une puissance de 120 MWc, constitue une étape de cette diversification. L’efficacité de cette stratégie dépend toutefois du raccordement effectif des projets solaires et éoliens et de la capacité du réseau à absorber leur production.
Associer les renouvelables au stockage
Le solaire produit principalement pendant la journée, alors que la demande peut rester élevée en fin d’après-midi ou en soirée. Les batteries permettent de stocker une partie de cette énergie, de la restituer pendant les pointes et de fournir des services rapides de stabilisation du réseau.
Un projet photovoltaïque avec batteries à Béni M’Hira, dans le gouvernorat de Tataouine, doit constituer le premier investissement tunisien de ce type selon un document publié par la BERD en février 2026. Le dimensionnement global du stockage nécessaire à la Tunisie reste à déterminer par des études détaillées du système électrique.
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Renforcer les interconnexions
Le câble sous-marin ELMED doit relier les réseaux tunisien et italien sur environ 200 kilomètres. Cette interconnexion bidirectionnelle doit permettre à la Tunisie d’importer de l’électricité lorsque le système national est sous tension et, à terme, d’exporter une partie de sa production renouvelable. La Banque mondiale a accordé 268,4 millions de dollars au projet en 2023.
ELMED ne remplace pas les investissements nationaux. Il apporte une source supplémentaire de flexibilité, en complément des échanges existants avec les pays voisins, du stockage et des moyens de production locaux.
Agir sur les pointes de consommation
La réduction des coupures passe enfin par une gestion plus fine de la demande : prévisions météorologiques et électriques, tarification différenciée, déplacement volontaire de certains usages hors des heures de pointe et pilotage de la climatisation dans les bâtiments publics et commerciaux.
L’Agence internationale de l’énergie souligne que les fortes températures augmentent simultanément la demande de climatisation et réduisent les performances de certains équipements thermiques et électriques. L’efficacité énergétique des bâtiments et des climatiseurs constitue donc une mesure de sécurité du système, et pas seulement une mesure d’économie d’énergie.
Chiffres clés
- 430 millions de dollars : montant du programme TEREG approuvé en novembre 2025.
- 268,4 millions de dollars : financement de la Banque mondiale pour ELMED.
- 200 km environ : longueur annoncée de l’interconnexion Tunisie–Italie.
- 120 MWc : puissance de la centrale solaire de Kairouan mise en service en décembre 2025.
- 35 % en 2030 : objectif tunisien de part renouvelable dans la production électrique.


