MédicamentsLa rupture semble proche entre les acteurs du secteur privé de la santé et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Ce 30 juin 2026, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie a sonné l’alarme, dénonçant une crise de trésorerie sans précédent qui menace désormais la chaîne d’approvisionnement en médicaments et la continuité des soins. Ce n’est plus une simple querelle administrative, mais un risque systémique majeur pour la santé publique.

La rupture de la chaîne de confiance

Le cœur du conflit réside dans l’accumulation des créances impayées. Pharmaciens, biologistes et grossistes-répartiteurs, piliers de l’écosystème médical, se retrouvent asphyxiés financièrement. La menace de suspension de collaboration avec le système CNAM, brandie par les syndicats, témoigne d’un point de bascule. Les officines et laboratoires, faute de liquidités suffisantes pour assurer leur cycle d’exploitation, se voient contraints d’envisager des mesures radicales.

Le risque de paralysie : une menace pour le patient

Mustapha Aroussi, président de l’Ordre des pharmaciens, a orchestré une réunion de crise d’urgence regroupant les acteurs clés du secteur. Le constat est unanime : la défaillance de la CNAM à honorer ses engagements financiers provoque un effet domino. Si les grossistes-répartiteurs ne sont pas payés, ils ne peuvent plus approvisionner les pharmacies, créant un risque de pénurie immédiat. Pour le patient, cela signifie concrètement une difficulté d’accès aux traitements, particulièrement pour les pathologies chroniques.

Vers une cellule de crise permanente

Face à l’urgence, les instances professionnelles ont acté la création d’une cellule de crise en session permanente. Cette structure ne se contentera pas de suivre le dossier ; elle est mandatée pour coordonner une stratégie de défense des intérêts de la chaîne de soins. Le message adressé aux autorités de tutelle est sans ambiguïté : la paralysie du secteur privé serait une faute lourde, et la balle est désormais dans le camp de l’État pour garantir la survie du système.

EN BREF

  • Alerte maximale : Le Conseil de l’Ordre des pharmaciens prévient contre une menace sur la sécurité sanitaire.
  • Le nœud du problème : Retards persistants des règlements de la CNAM provoquant une asphyxie financière.
  • Risque de rupture : Suspension potentielle de la collaboration CNAM envisagée par les syndicats dès juillet 2026.
  • Mobilisation : Réunion d’urgence des acteurs (pharmaciens, biologistes, grossistes) pour éviter la paralysie.
  • Réponse immédiate : Création d’une cellule de crise permanente pour coordonner les actions de survie du système.