“A partir de la prochaine rentrée universitaire, un nouveau module intitulé “Study Skills” sera enseigné dans l’ensemble des parcours de licence”, a annoncé le directeur général de la rénovation universitaire au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mounir Ayadi.

Dans une interview télévisée accordée à l’agence TAP, le responsable a souligné que cette mesure s’inscrit dans le cadre du Programme « Savoir Agir », développé dans le cadre de la coopération internationale afin de renforcer l’adaptation des nouveaux étudiants à leurs milieux universitaires, développer leurs compétences transversales et leurs soft skills.

Selon lui, cette réforme répond à plusieurs difficultés d’adaptation et d’intégration relevées chez les étudiants en 1ère année ainsi qu’aux lacunes constatées chez les diplômés lors des entretiens d’embauche, en particulier dans la maîtrise des langues et la valorisation de leurs compétences ce qui réduit les chances de leur embauche.

“Le nouveau module sera dispensé aux étudiants de première année de licence afin de leur fournir les techniques d’apprentissage et les outils numériques nécessaires à la réussite de leur parcours universitaire”, a expliqué Ayadi.

Les compétences comportementales (soft skills) seront, quant à elles, enseignées pendant les trois derniers semestres de la formation, parallèlement à un renforcement de l’apprentissage du français et de l’anglais, dans l’objectif de mieux préparer les étudiants à leur insertion professionnelle.

D’après le responsable, cette réforme a été précédée d’un important travail préparatoire ayant mobilisé seize experts universitaires tunisiens chargés d’élaborer les contenus pédagogiques, les méthodes d’enseignement et un document d’orientation fondé sur l’approche par compétences.

Entre octobre 2025 et juin 2026, plusieurs centaines d’enseignants ont été formés à ces nouvelles approches. Une plateforme numérique, dont la mise en service est prévue en septembre prochain, permettra d’assurer le suivi du déploiement du programme, des enseignements dispensés et de l’engagement des étudiants. Le projet sera évalué sur une période de trois ans afin d’en mesurer les effets sur la réussite universitaire et l’employabilité des diplômés.

Parallèlement, le ministère a achevé l’examen des offres de formation des établissements publics pour la rentrée 2026-2027.

Au total, 1.904 propositions ont été déposées sur la plateforme de la Direction générale de la rénovation universitaire, dont 1.328 émanent des établissements publics et 576 des établissements privés. Les dossiers du secteur privé sont encore en cours d’évaluation.

Ces travaux ont abouti à une offre de 1.190 parcours de licence, contre environ 1.130 actuellement, une capacité jugée suffisante pour accueillir près de 85.000 étudiants.

Ayadi a souligné que ce renouvellement des parcours était devenu nécessaire avec l’expiration, à la fin de l’année universitaire 2025-2026, de l’accréditation des licences existantes.

Les nouvelles offres sont évaluées selon plusieurs critères, notamment leur cohérence avec le projet de l’établissement, les moyens mobilisés pour assurer les enseignements, ainsi que leur adéquation avec les besoins économiques, sociaux et culturels aux niveaux régional, national et international.

Les universités sont également appelées à renforcer leurs liens avec le tissu économique afin de proposer des formations répondant davantage aux attentes du marché de l’emploi.

Dans cette perspective, une place plus importante est accordée aux technologies émergentes et aux métiers d’avenir, avec la création de parcours interdisciplinaires associant, notamment, la biologie et l’informatique, les arts et l’informatique, ou encore les sciences économiques et l’informatique. Des formations dédiées aux métiers du patrimoine seront également développées en partenariat avec d’autres institutions.

Le responsable a, en outre, annoncé le lancement d’une plateforme nationale de formation en ligne permettant aux étudiants de suivre, parallèlement à leur cursus universitaire, des formations certifiantes dans différents domaines.

Réalisé en partenariat avec les ministères des Technologies de la communication, de l’Éducation ainsi que de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ce projet offrira des certifications reconnues destinées à enrichir les compétences des étudiants et à renforcer leur insertion sur le marché du travail.

Les centres de carrières implantés dans les universités accompagneront les bénéficiaires dans ce nouveau dispositif.