
Toutefois, cette « exception » ne réside pas dans l’accueil de grandes stars internationales comme lors des éditions précédentes. Elle tient plutôt au fait que le festival se tient dans un contexte de difficultés financières, qui ont empêché l’élaboration d’un programme à la hauteur de la célébration du cinquantenaire de cet événement historique.
Le directeur du festival, Mokhtar Belatek, a démarré la conférence de presse en rappelant les concerts de la star internationale Bryan Adams, qui ont eu lieu sur la scène du théâtre antique de Dougga les 2 et 3 mai 2026 et le succès retentissant de cet événement et l’image positive qu’il a renvoyée de la Tunisie.
Il a souligné que cela avait suscité un vif intérêt chez d’autres grands artistes internationaux, désireux à leur tour de se produire sur la scène mythique de Dougga.
M. Belatek a précisé que cette édition comporte 10 soirées, l’ouverture aura lieu avec un court métrage documentaire et un spectacle de l’artiste tunisienne Shayma Helali.
La clôture sera marquée par le spectacle « Ziara » de Sami Lajmi.
Il a expliqué que cette programmation est exceptionnelle non seulement en raison de son budget limité, estimé à environ 600 000 dinars, mais aussi parce qu’elle répond aux attentes des habitants de la région, qui ont exprimé le souhait de voir des artistes tunisiens issus de divers horizons musicaux.
Le directeur a également révélé que la direction du festival ambitionnait de programmer plusieurs grands noms de la scène internationale, mais que le retard de plus de deux ans dans le versement du soutien financier du ministère du Tourisme à l’association du festival en a décidé autrement.
M. Belatek a promis que l’édition de 2027 sera véritablement exceptionnelle et à la hauteur des attentes du public du festival, considéré comme l’un des plus anciens et prestigieux de Tunisie.
Il a annoncé que les contacts ont déjà commencé avec plusieurs artistes internationaux.
Au cours de la conférence de presse, un aperçu du court-métrage documentaire qui sera projeté lors de la soirée d’ouverture a été présenté. Ce film retrace les différentes étapes par lesquelles le festival est passé depuis sa création. En présentant cette œuvre, le réalisateur Faouzi Chelbi a indiqué que le documentaire reviendra sur l’histoire et la mémoire de Dougga à travers des détails historiques et des témoignages vivants. Il a ajouté qu’il s’agit d’un travail de documentation visant à préserver la mémoire collective afin que l’histoire du festival ne s’efface pas avec le temps, affirmant que la sauvegarde de la mémoire culturelle est un devoir et une responsabilité.
Dans ce contexte, Mokhtar Belatek a rappelé que le Festival de Dougga, qui célèbre aujourd’hui sa 50ème édition, a traversé trois grandes périodes.
La première a débuté en 1920, lorsqu’il était un espace dédié au théâtre, la deuxième, dans les années 70, a marqué sa transition de « festival national » à « festival international » et enfin, la troisième période, amorcée en 2015, a vu l’implication active des jeunes dans la réflexion et l’organisation, mettant leur énergie au service du rayonnement du Festival International de Dougga.
En revanche, le contenu du programme présenté lors de la conférence a essuyé les critiques des journalistes présents. Ces derniers ont estimé que la programmation n’était pas digne de la réputation du Festival auquel le public est habitué, pointant du doigt le manque de spectacles internationaux et notant que l’affiche actuelle est largement dominée par des propositions à caractère commercial.
Interrogé sur l’absence de spectacles de rue pourtant présents lors des éditions précédentes, M. Belatek a expliqué que cela est dû à la faiblesse des moyens logistiques. Il a rappelé que le budget du festival pour cette année a considérablement chuté par rapport aux années précédentes, où il atteignait presque le double du budget actuel, ayant été estimé à environ 1,1 million de dinars en 2024.
Face à ces critiques, les organisateurs ont tenu à souligner que cette édition verra la poursuite d’une expérience unique initiée il y a quelques années à savoir l’hébergement des invités du festival chez des familles locales à Dougga, Téboursouk et dans plusieurs localités proches du site archéologique, venant ainsi renforcer la capacité d’accueil des unités hôtelières de la région.
Voici les détails du programme de la 50ème édition du Festival International de Dougga :
Soirée d’ouverture le vendredi 10 juillet : Court-métrage documentaire et Spectacle de l’artiste Shayma Helali
Samedi 11 juillet : Spectacle humoristique « Papa Noël » de Saber Oueslati
Dimanche 12 juillet : Concert de l’artiste Mortadha Ftiti
Mercredi 15 juillet : Concert de Tamsin Elliot (Royaume-Uni) et Tarek Al Azhari (Égypte)
Vendredi 17 juillet : Concert de l’artiste Raouf Maher
Samedi 18 juillet : Soirée musicale avec la star égyptienne Hakim
Dimanche 19 juillet : Spectacle « Tounsi w Nos » de Nabil Ben Mesmia
Mardi 21 juillet : Soirée Tarab avec le grand Lotfi Bouchnak
Vendredi 24 juillet : Concert musical de l’artiste Marwa Nagy (Égypte)
Soirée de clôture le vendredi 25 juillet : Spectacle « Ziara » de Sami Lajmi


