Au cours de l’année 2025, la superficie des périmètres irrigués par les eaux usées traitées a atteint environ 7819 hectares, a fait savoir Hana Gharbi, directrice de l’économie de l’eau à la Direction générale du génie rural et de l’exploitation des eaux relevant du ministère de l’Agriculture .

S’exprimant lors d’une journée d’étude nationale sur la valorisation des eaux usées traitées dans la production de fourrage pour faire face aux changements climatiques et renforcer la résilience des systèmes de production animale, la responsable a ajouté que cette superficie englobe 36 périmètres irrigués répartis sur 17 gouvernorats, dont deux périmètres à Kélibia (45 hectares) et Sbeïtla (14 hectares).

Les quantités d’eaux traitées consommés dans le secteur agricole s’élèvent à 11,5 millions de mètres cubes jusqu’en 2025, avant d’enregistrer une baisse au cours de la même année pour s’établir à 4,5 millions de mètres cubes, en raison de l’instabilité de la qualité des eaux.

Les cultures irriguées par ces eaux usées traitées se répartissent entre 47% d’arbres fruitiers et 53% d’autres cultures, principalement des fourrages.

Parallèlement, le ministère de l’Agriculture planifie la mise en œuvre de 120 projets visant la valorisation de 450 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées à l’horizon 2050, qui seront allouées à l’irrigation de 56 mille hectares de périmètres irrigués, dont 30 mille hectares de nouvelles créations (230 millions de mètres cubes).

Le département ministériel entend également à réaliser 19 projets de recharge des nappes phréatiques et de 8 barrières hydrauliques pour empêcher l’infiltration des eaux de mer dans les nappes (90 millions de mètres cubes), en plus de l’arrosage des espaces verts (1100 hectares) et des terrains de golf (1400 hectares) pour un volume de 40 millions de mètres cubes, tandis que 35 millions de mètres cubes seront dédiés au secteur industriel et 55 millions de mètres cubes aux zones humides.

Ces projets permettront ainsi de valoriser plus de 75% du volume total des eaux usées traitées produites. Pour la période 2026-2030, le ministère de l’Agriculture ambitionne de créer et d’aménager environ 20 mille hectares de périmètres irrigués, en plus de la recharge de la nappe phréatique de Korba après le réaménagement du site.

En plus, il est prévu de réaliser neuf grands projets de transfert des eaux usées traitées depuis les pôles de production du Grand Tunis (Chotrana, Miliane, El Attar et El Hessiène), de Sousse, de Monastir et de Sfax vers les zones de demande en eau, ce qui permettra de valoriser 50% des volumes produits, soit l’équivalent de 150 millions de mètres cubes.

Le ministère a, enfin, programmé trois projets dans le cadre de la coopération avec la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD) dans les gouvernorats de Tunis (4500 hectares pour un coût estimatif des travaux de 500 millions de dinars), de Sfax (700 hectares pour un coût de 241 millions de dinars) et de Sousse (3150 hectares pour un coût estimé à 350 millions de dinars).