La campagne de collecte de la betterave sucrière a démarré officiellement lundi à l’Agro-combinat Badrouna, relevant de la délégation de Bou Salem (gouvernorat de Jendouba), dans un contexte marqué par des indicateurs qui montrent que la production sera importante par rapport aux années de sécheresse qu’a connues la région ces dernières années.
Selon le président-directeur général de Générale Industrie du Nord GINOR (l’Usine de transformation de la betterave sucrière) de Ben Bechir, Naïm Ghorbel, les chantiers de collecte lancés lundi concerneront environ 1340 hectares de betterave sucrière, dont plus de la moitié situés dans le gouvernorat de Jendouba (781 ha). Le reste des superficies est réparti entre les gouvernorats de Béja (7 ha), Bizerte, Siliana et Kef (53 ha), Kairouan (87 ha), Zaghouan (152,5 ha), Kasserine (35 ha), Sidi Bouzid (97 ha) et Gabès (22 ha).
La culture de la betterave sucrière revêt une importance particulière au sein des systèmes agricoles en Tunisie. Elle contribue à plus de 15 % de la couverture des besoins nationaux en sucre, le reste étant presque entièrement importé.
Cette activité constitue également un facteur de régénération des sols grâce à sa capacité à améliorer les rendements des cultures qui lui succèdent, tout en fournissant du fourrage pour le bétail et permet aussi la production de mélasse utilisée dans l’industrie de la levure et de l’alcool. Elle est par ailleurs considérée comme un mécanisme de régulation des prix sur le marché local et contribue à la création d’emplois saisonniers et permanents et favorise une meilleure gestion des ressources hydriques, selon un exposé présenté lundi au complexe agricole, en présence du secrétaire général du gouvernorat, Sami Gabtni.
Pour la campagne agricole 2026-2027, les superficies consacrées à la betterave sucrière devraient atteindre environ 4000 ha, selon la direction générale de GINOR de Ben Bechir.
De son côté, le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (Urap), Lotfi Jemazi, a estimé, à l’occasion de l’ouverture de la campagne de collecte, que le développement de cette culture passe par une révision des prix, un approvisionnement continu en eau d’irrigation et l’extension des superficies cultivées, compte tenu de son importance économique, environnementale et sociale.
Un hectare de betterave sucrière produit entre 80 et 100 tonnes de matière première avant transformation. Le kilogramme de cette production est vendu à environ 160 millimes et nécessite près de 8000 m³ d’eau, a-t-il souligné à l’Agence TAP.


