
L’enseignement secondaire en Tunisie vit une mutation silencieuse mais profonde. À l’aune des résultats de la session 2026, une tendance lourde se confirme : le basculement des préférences des candidats vers les filières tertiaires et numériques, au détriment des parcours classiques.
L’analyse des effectifs du Bac 2026 révèle une réalité statistique indiscutable : le système éducatif tunisien s’adapte, non sans douleur pour les filières traditionnelles, aux exigences d’une économie en pleine transition digitale. Avec 154 928 candidats au total, le paysage académique délaisse les segments historiques pour des horizons plus technologiques.
Économie-Gestion : L’indétrônable leader
La filière Économie et gestion confirme sa position dominante en captant 34,48 % de l’effectif global, soit 53 427 candidats. Cette suprématie, consolidée sur la dernière décennie, s’explique par la promesse d’une polyvalence accrue sur le marché du travail. Pour la jeunesse tunisienne, ce choix reste le compromis idéal entre sécurité académique et flexibilité professionnelle.
Le sacre des Sciences informatiques
C’est la grande gagnante de la décennie. En passant de 9,6 % en 2025 à 11,8 % en 2026, la filière informatique enregistre une progression spectaculaire. Ce transfert de compétences marque une prise de conscience générationnelle : les métiers de demain, portés par l’intelligence artificielle et la transformation numérique, dictent désormais les orientations dès le lycée.
La décrue des filières socles
À l’inverse, les piliers historiques subissent une érosion structurelle. Les Sciences expérimentales, longtemps locomotives du système, glissent à 17,75 % des effectifs, tandis que les Lettres poursuivent leur déclin, tombant à 16,10 %. Ce repli traduit une perception dégradée de l’employabilité dans ces secteurs, poussant les élèves vers des parcours perçus comme davantage tournés vers les besoins réels des entreprises.
Mathématiques et Sport : des niches de stabilité
Avec une part constante de 5,07 %, les Mathématiques demeurent la filière de l’élite académique, affichant régulièrement les taux de réussite les plus élevés. De son côté, le sport se maintient comme une niche spécialisée, touchant 1,32 % des effectifs. Cette stabilité témoigne de la résilience de certains cursus, moins exposés aux vents changeants du marché de l’emploi immédiat.
EN BREF : Ce qu’il faut retenir
- Dominance consolidée : L’Économie-Gestion capte plus d’un tiers des candidats (34,48 %).
- Ascension numérique : Les Sciences informatiques confirment une croissance forte, atteignant 11,83 %.
- Érosion classique : Les Lettres et les Sciences expérimentales perdent du terrain face à la tertiarisation.
- Élite stable : La filière Mathématiques maintient son ancrage à environ 5 % des effectifs.
- Mutation de la décennie : Le passage de 2016 à 2026 marque un virage définitif vers des profils orientés vers le numérique.


