Le ministère de la famille, de la femme, de l’enfance et des personnes âgées adopte une approche participative pour lutter contre les différentes formes de maltraitance des personnes âgées, en coordination avec les structures et les établissements intervenants dans ce domaine, a souligné le directeur du département des personnes âgées au ministère, Amid Laaamari, au cours d’une conférence scientifique sur “le rôle de la famille et de la société dans la promotion d’une culture de bienveillance envers les personnes âgées”, qui s’est tenue vendredi au siège du centre de recherche, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF).

Il a ajouté que le ministère de la famille ne tolère aucune forme de maltraitance à l’égard des personnes âgées quelle qu’en soit la nature.

Laamari a précisé que le ministère reçoit les signalements liés aux cas de maltraitance des personnes âgées via la ligne verte 1833 ou à travers les équipes mobiles et les autorités compétentes, relevant que tous les signalements sont traités immédiatement en coordination avec les services concernés, y compris les autorités sécuritaires et judiciaires.

Il a affirmé au cours de cette rencontre, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, qui coïncide avec  le 15 juin de chaque année, que le ministère de la famille a mobilisé des équipes spécialisées pour faire le suivi des cas de maltraitance contre les personnes âgées, fournir le soutien nécessaire et prendre les mesures juridiques appropriées contre les auteurs d’actes de maltraitance, afin de garantir les droits de cette catégorie et de préserver leur dignité.

Il a relevé que la prise en charge des personnes âgées n’est plus une simple question sociale ou familiale, mais un enjeu national nécessitant la coopération des familles, des institutions de l’état et de la société civile,  rappelant que la catégorie des personnes âgées de 60 ans et plus représentera environ un cinquième de la population tunisienne d’ici 2030, selon les prévisions.

Laamari a souligné que la famille demeure l’espace approprié  favorisant les meilleures conditions de vie aux personnes âgées, mettant l’accent sur l’importance du programme de placement familial qui permet aux personnes âgées sans soutien de vivre dans des familles d’accueil.

“Le nombre de personnes âgées bénéficiant de ce programme est actuellement de 350, avec l’objectif d’augmenter ce nombre à 430 d’ici fin 2026, a-t-il fait savoir.

Dans le cadre du rapprochement des services aux personnes âgées, le responsable a indiqué que le nombre d’équipes mobiles consacrées à l’accompagnement des personnes âgées incapables de se déplacer a atteint 49 équipes et passera à 63 équipes d’ici la fin de l’année pour couvrir toutes les régions du pays.

Il a également évoqué une proposition de loi visant à créer un fonds de protection des personnes âgées, soumise au parlement, qui offre des avantages et des services aux personnes âgées, notamment dans les domaines du transport, des loisirs et facilite l’accès aux procédures administratives et sanitaires.

De son côté, la ministre de la famille, de la femme, de l’enfance et des personnes âgées Asma Jebri, a affirmé que les personnes âgées constituent un précieux capital humain, culturel et intellectuel ayant contribué à l’édification de la famille, de la société et de l’état, soulignant la nécessité de préserver leur dignité, de protéger leurs droits, et de lutter contre toutes les formes de violence, de négligence et de discrimination qui pourraient les cibler.

Elle a ajouté que la prise en charge des personnes âgées au sein de la famille constitue un devoir éthique, humain et social, réaffirmant l’engagement de l’état à continuer de développer des politiques et des programmes destinés à cette catégorie afin de leur garantir une vie digne, sécurisée et une participation active dans la société.

Pour sa part, la spécialiste en gériatrie, Dr. Maha Zoghlami, a indiqué que la maltraitance des personnes âgées peut être physique, psychologique ou financière, appelant à renforcer le rôle de la famille et la sensibilisation pour lutter contre ce phénomène et protéger la dignité des personnes âgées.

Elle a appelé à la prévention du syndrome de fragilité des personnes âgées, qui est lié au vieillissement et entraîne une diminution des capacités physiques et un risque accru de chutes et de perte d’autonomie, soulignant l’importance d’une alimentation saine, d’une activité physique et d’un suivi médical régulier pour en réduire les effets.

Les participants à ce colloque national ont indiqué que la prise en charge des personnes âgées est une responsabilité partagée entre la famille, l’état et la société, qui nécessite l’enracinement d’une culture de respect et de solidarité entre les générations et la lutte contre toutes les formes de négligence et de maltraitance.