L’ONU appelle, à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille célébrée le 16 juin de chaque année, à tirer parti de ces fonds pour réduire la pauvreté et stimuler le développement des communautés locales et met en lumière comment ces transferts financiers soutiennent la résilience, l’entrepreneuriat et l’emploi dans les zones rurales.

L’organisation a indiqué, à cette occasion qu’au total, plus d’un milliard de personnes dans le monde envoient ou reçoivent ces transferts de fonds ; un geste qui change des vies et soutient des économies entières.

Ces transferts permettent de payer la nourriture, l’éducation, les soins de santé et le logement. Mais leur impact va bien au-delà du foyer : ils soutiennent des économies entières, en particulier dans les pays en développement. Les territoires ruraux constituent le premier maillon des systèmes alimentaires mondiaux et soutiennent les économies nationales, selon l’ONU.

Abritant 44 % de la population mondiale et près de 80 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, ces zones sont en première ligne face aux crises mondiales et aux risques économiques. Ils sont confrontés aux défis posés par les chocs climatiques et la volatilité des marchés, mais ils recèlent également un immense potentiel. Avec un soutien approprié, les petits producteurs peuvent stimuler la croissance, réduire la pauvreté, renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les résultats nutritionnels et renforcer la résilience de leurs communautés.

Près de 700 milliards de dollars américains sont envoyés chaque année sous forme de transferts de fonds vers les pays à faible et moyen revenu, ce qui représente un flux financier important, stable et fiable qui soutient déjà des millions de ménages ruraux. Selon les estimations, environ un tiers de ces transferts de fonds parviennent dans les zones rurales.

Cet événement revêt une importance particulière pour la Tunisie, compte tenu du rôle croissant que jouent les transferts de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger dans les recettes en devises du pays, ces transferts ayant enregistré une hausse au cours de l’année 2025.

Selon les dernières données officielles, la valeur des transferts des Tunisiens de l’étranger s’élevait à 8 761,6 millions de dinars à la fin de l’année 2025, contre 8 262,6 millions de dinars en 2024, soit une augmentation de 6 %.

Ces transferts comptent parmi les principales sources de devises étrangères du pays, au même titre que les recettes du tourisme et des exportations, et contribuent à soutenir les réserves de devises étrangères ainsi que l’équilibre de la balance des paiements.

Compte tenu de l’importance croissante de ces transferts pour près de deux millions de Tunisiens résidant à l’étranger, dont la plupart se trouvent dans les pays de l’Union européenne, on s’intéresse de plus en plus aux moyens d’en affecter une partie à l’investissement et à la production, afin de contribuer à soutenir la croissance économique et à créer des emplois.

La contribution des Tunisiens de l’étranger à l’investissement reste en effet en deçà des attentes par rapport au volume des transferts enregistrés chaque année ; les données indiquent en effet que les projets qu’ils réalisent en Tunisie restent limités et n’ont pas encore atteint le niveau requis pour contribuer plus efficacement à l’effort de développement.

Pour relever ces défis, la Tunisie a mis en place une stratégie nationale globale visant à développer le climat d’investissement, à stimuler l’initiative privée et à encourager les Tunisiens de l’étranger à orienter une part plus importante de leurs économies et de leurs transferts vers des projets productifs à valeur ajoutée.