Face à la multiplication des signalements de tortues marines piégées dans des filets ou des déchets plastiques sur les côtes tunisiennes, l’association TunSea pour la science participative a publié, lundi, une série de recommandations destinées au grand public. Son action vise à préserver une espèce déjà protégée par la loi tunisienne et à sensibiliser à la nécessité de protéger les écosystèmes marins en général.
D’après l’association, en cas de découverte d’une tortue en difficulté, il est impératif de garder son calme pour ne pas stresser l’animal. Si la situation le permet, il faut couper ou défaire délicatement le filet, en portant une attention particulière au cou et aux nageoires. Il est strictement déconseillé de tirer avec force sur les mailles ou de retirer des débris profondément incrustés dans la peau, au risque d’aggraver les blessures. Une prudence particulière est requise car l’animal peut mordre s’il se sent menacé.
Le sauveteur doit également observer les réactions de la tortue (mouvement des nageoires, ouverture des yeux ou signes de respiration). Si la tortue est vivante et sans blessure apparente, elle peut être remise à l’eau avec précaution dans un endroit calme, loin des bateaux et de la foule.
Si la tortue est faible ou blessée, il ne faut pas la rejeter à la mer, car elle risque de se noyer. En attendant l’intervention des spécialistes, l’animal doit être placé à l’ombre, en couvrant son corps avec une serviette humide, tout en laissant les narines dégagées pour la respiration.
L’association recommande de ne jamais retourner la tortue sur son dos (ce qui entrave sa respiration) et de ne jamais la soulever par ses nageoires. Si un hameçon est visible dans la gueule ou la peau, l’intervention d’un spécialiste est requise.
Pour coordonner un sauvetage, il faut contacter immédiatement la Garde Nationale Maritime au numéro 194, le Centre de secours des tortues marines de l’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer (INSTM), ou l’association TunSea via leur groupe Facebook pour la coordination médicale. TunSea considère que la protection de la tortue caouanne et des autres espèces marines est une responsabilité collective en Tunisie.
Selon les données du Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (SPA/RAC), les tortues sont des vertébrés qui forment un ancien groupe de reptiles connus depuis le trias (il y a 200 millions d’années). Les formes actuelles apparurent au pléistocène il y a 60 à 10 MA (250 espèces dont 7 sont marines). Elles ont comme les mammifères marins, renversé leur évolution et se sont retournées vers la mer.
En Tunisie, trois espèces de tortues marines sont connues ; la caouanne Caretta caretta, la tortue verte Chelonia mydas et la tortue luth Dermochelys coriacea. La première espèce est commune et s’y reproduit. La tortue verte est rarement signalée. La tortue “luth Dermochelys coriacea” est régulièrement observée. Les côtes tunisiennes présentent une importance capitale pour les populations de tortues marines de la Méditerranée.
Les tortues marines jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins. En entretenant les herbiers sous-marins, en participant au recyclage des nutriments et en contribuant à la santé des récifs coralliens et des plages de ponte, elles constituent également un indicateur précieux de l’état de santé des océans.


