La ville de Haouaria, située à l’extrême nord-est de la Tunisie, abritera du 25 au 28 juin la 57e édition du Festival de l’épervier, placée sous le slogan « Un patrimoine ancien – Une identité ancrée ».

Créée en 1967 et initialement baptisée « Festival des chasseurs », cette manifestation nationale unique en son genre bénéficie du soutien du ministère des Affaires culturelles.

Dans une déclaration ce samedi à la correspondante de l’agence TAP à Nabeul, le directeur du festival, Amine Belkahla, a indiqué que l’événement, organisé par l’Association régionale des fauconniers du Gouvernorat de Nabeul, vise à préserver l’art de l’affaitage (le dressage) et à assurer sa transmission intergénérationnelle.

Des démarches sont d’ailleurs entamées depuis plusieurs années pour inscrire cette tradition ancestrale du Cap Bon sur la liste représentative du patrimoine mondial de l’Unesco. Nichée entre mer et montagne, face au détroit de Sicile, Haouaria constitue un point de transit stratégique et le dernier couloir d’observation pour les oiseaux migrateurs avant leur survol de la Méditerranée.

Tout au long de l’événement, les festivités intégreront des volets écologiques, culturels et scientifiques axés sur la dynamique économique et touristique locale, ainsi que sur la proximité du parc national de Zembra et Zembretta, inscrit comme réserve de biosphère par l’Unesco depuis 1977.

Valorisation du patrimoine, mémoire et jeunesse

Le coup d’envoi sera donné le jeudi 25 juin par le délégué régional des Affaires culturelles, suivi du défilé folklorique « Carnaval de la joie » sur l’avenue Habib Bourguiba, devant la Maison de la culture.

L’ouverture sera marquée par l’inauguration d’une foire commerciale dédiée aux produits artisanaux des femmes rurales sur l’avenue Ibn Sina, le lancement d’une journée d’ateliers pour les enfants (fauconnerie, poterie, arts plastiques) et le début des compétitions d’éperviers (Saf) et de faucons pèlerins (Borni) impliquant les fauconniers d’El Haouaria, de Kélibia et de Hammam-Ghezaz.

La journée du vendredi 26 juin comprendra une exposition artisanale du Centre d’éducation spécialisée de Borj Salhi, une rétrospective sur la mémoire de la fauconnerie et un atelier vivant sur la relation liant le biaz (fauconnier) à son rapace. Les éliminatoires se poursuivront en parallèle avec des spectacles de rue de la troupe de Tbal Kerkennah « El Jazira » et des représentations équestres.

Biodiversité, compétitions de tir et infrastructures

Le volet environnemental débutera le samedi 27 juin par un colloque sur la conservation de la biodiversité dans le mont d’El Haouaria, en partenariat avec l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Écologique et Naturel du Cap Bon (ASPEN).

Le programme comprend également le vernissage de l’exposition d’arts plastiques d’El Hédi Ben Mami, une veillée de cinéma autour du dressage, ainsi qu’une visite à l’olivier millénaire de la localité d’Echraf suivie d’un grand déjeuner traditionnel collectif. Situé à environ 7 km de l’entrée de la ville, ce géant végétal, dont l’âge est estimé à plus de 2 500 ans, est considéré comme le plus vieux d’Afrique.

Le festival se clôturera le dimanche 28 juin avec une compétition de ball-trap organisée par l’Association régionale des chasseurs de Nabeul, suivie des phases finales des concours de rapaces et de la cérémonie de remise des prix.

Le directeur du festival a précisé à la TAP qu’aucune soirée artistique nocturne n’a été programmée cette année en raison du manque d’espaces aménagés, dans l’attente du démarrage prochain des travaux de construction d’un théâtre en plein air dans le cadre de la troisième tranche des projets de développement intégré.