“Les mouvements écologiques ont enregistré une évolution remarquable, en Tunisie, au cours de ces dernières années, tant en termes de mobilisation et d’organisation qu’en matière de continuité, et de diversification du discours, lequel associe désormais, le droit à un environnement sain au droit au développement et à la justice sociale”, a indiqué le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES), dans un communiqué, publié samedi, à l’occasion de la célébration par la Tunisie, de la journée mondiale et nationale de l’environnement (le 5 juin), placée cette année, sous le thème « La mobilisation nationale et l’action conjointe sur le terrain ».
Ainsi, le FTDES a fait état d’un changement qualitatif et quantitatif dans la prise conscience environnementale en Tunisie et de la présence des enjeux environnementaux dans les mouvements de protestation locaux, rappelant que 8% de l’ensemble des mouvements sociaux recensés en 2025 sont d’ordre écologiques (soit 427 mouvements sur un total de 5 196 actes de protestation).
Parmi ces protestations, 136 mouvements revendiquaient le droit à un environnement sain, dont 14% exigeaient la lutte contre la pollution industrielle et 9% contre la pollution due aux déchets ménagers. Ces mouvements, dénotent d’après le forum de la corrélation “entre la pollution, la marginalisation, la surexploitation des ressources et l’augmentation des écarts sociaux”. Le Forum a également, souligné le rôle prépondérant joué par les femmes dans ce domaine.
Il a en revanche, estimé que la réponse du ministère de l’Environnement face aux problèmes environnementaux demeure limitée et “en déca des défis auquel fait face le pays” .
D’après le FTDES, les interventions du département de l’Environnement se limitent à la gestion ponctuelle de crises et au recours à des solutions partielles et conjoncturelles, au lieu d’œuvrer à résoudre les problématiques structurelles profondes du secteur, telles que la surexploitation des ressources hydrauliques ou la gestion des déchets.
Par ailleurs, il a souligné que le ministère privilégie toujours une approche sectorielle étroite, qui cloisonne les enjeux environnementaux, économiques et sociaux, alors que la nature des crises actuelles exige l’adoption de politiques globales et intégrées plaçant la protection des ressources naturelles et la justice environnementale au cœur des choix de développement de l’État.


