Les quantités d’huiles alimentaires usagées en Tunisie sont estimées à environ 88 mille tonnes par an, dont près de 40 mille tonnes sont collectées auprès des professionnels, a indiqué le Directeur général de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), Badreddine Lasmar.

Intervenant lors d’un atelier consacré au système de valorisation des huiles alimentaires usagées, organisé, mercredi, à Tunis, Lasmar a ajouté qu’environ 10 mille tonnes de ces huiles sont exportées chaque année après un premier traitement.

Et de poursuivre  que l’ANGED œuvre à généraliser les opérations de collecte des huiles usagées auprès des ménages, à encourager davantage de municipalités à adhérer à cette initiative et à mettre en place un programme d’information et de sensibilisation visant à ancrer la culture de la citoyenneté environnementale.

Lasmar a fait savoir que la collecte auprès des grands producteurs d’huiles usagées (restaurants, casernes, hôtels, etc.) est facile en raison de l’importance de cette quantité. En revanche, la collecte auprès des ménages demeure faible.

Il a précisé, à ce propos, que  cet atelier vise à sensibiliser aux avantages et aux défis de la valorisation des huiles alimentaires usagées, tout en réfléchissant à des solutions permettant de collecter les quantités produites par les ménages à moindre coût. L’objectif est ainsi d’atteindre un taux de collecte et de valorisation de 80 % des huiles usagées, contre 45 %, actuellement, a-t-il noté.

Le DG de l’ANGED a, également, indiqué que l’atelier devrait contribuer à l’élaboration du texte réglementaire définissant les modalités de gestion des huiles alimentaires usagées, dont la publication est prévue prochainement.

Par ailleurs, l’Agence entend contribuer à la création de petites entreprises spécialisées dans la collecte, la valorisation et le recyclage, tout en organisant des campagnes de sensibilisation et des formations dans ce domaine.

L’atelier a, également, permis à plusieurs chefs de projets des secteurs public et privé de présenter leurs expériences en matière de collecte et de valorisation des huiles alimentaires usagées.

« Nous participons en tant que collectivité locale, ce qui constitue un facteur clé de réussite de cette expérience menée en collaboration avec les composantes de la société civile », a indiqué pour sa part, le Secrétaire général de la municipalité de la Manouba, Fethi Darouez.

Et de poursuivre « Nous avons choisi de travailler avec les syndicats de copropriétaires de résidences collectives (5 immeubles regroupant 500 appartements) ».

Il a souligné que cette initiative a permis, durant une courte période, de collecter près de 500 litres d’huile de friture, qui auraient autrement été déversés dans la nature ou dans les réseaux d’assainissement.

Il a ajouté que la municipalité de la Manouba prévoit de généraliser cette expérience aux restaurants privés, aux hôpitaux ainsi qu’aux restaurants universitaires.

Et d’expliquer que des négociations sont actuellement en cours avec ces établissements afin de lancer le programme dans les meilleurs délais.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du soutien à la stratégie nationale de transition écologique, notamment, en matière de consommation et de production propre, ainsi que la lutte contre la pollution à travers la valorisation des déchets et l’adoption de solutions durables fondées sur le recyclage et la réutilisation.