L’intoxication mortelle à Meknassi a pour origine la Nicotiana glauca, ou tabac sauvage. Cet arbuste toxique contient de l’anabasine, un alcaloïde puissant provoquant des vomissements, une détresse respiratoire et une paralysie musculaire rapide. Face au risque de confusion mortelle en milieu rural, une prise en charge médicale immédiate est indispensable.
Les examens ont révélé que les victimes avaient été exposées à une intoxication aiguë et sévère après avoir consommé ou manipulé une plante connue sous le nom scientifique de Nicotiana glauca, appelée également tabac sauvage ou arbre à tabac bleu.
Qu’est-ce que la Nicotiana glauca ?
Cette plante appartient à la famille des Solanacées. Il s’agit d’un arbuste à croissance rapide, reconnaissable à ses feuilles vert bleuâtre tirant vers le gris et à ses fleurs jaunes en forme de tube.
Derrière son apparence banale se cache toutefois une substance hautement toxique : l’anabasine (Anabasine). Cet alcaloïde, proche de la nicotine, exerce un effet particulièrement puissant sur le système nerveux et le système cardiovasculaire.
Selon les spécialistes en toxicologie, quelques grammes seulement de feuilles peuvent provoquer une paralysie rapide des muscles respiratoires et une défaillance aiguë des fonctions vitales, ce qui expliquerait la dégradation fulgurante de l’état de santé des victimes de l’accident de Meknassi.
Symptômes de l’intoxication
Les premiers signes peuvent ressembler à une intoxication alimentaire classique, ce qui risque de retarder le diagnostic médical.
Les symptômes initiaux comprennent :
- Nausées et vomissements sévères ;
- Douleurs abdominales aiguës ;
- Vertiges ;
- Accélération du rythme cardiaque ;
- Hausse soudaine de la pression artérielle.
Dans les formes avancées, qui peuvent apparaître rapidement, les victimes peuvent présenter :
- Une détresse respiratoire sévère ;
- Des spasmes musculaires ;
- Une insuffisance respiratoire ;
- Un coma pouvant entraîner le décès en l’absence d’une prise en charge médicale urgente.
Les résultats des analyses ont mis fin aux spéculations entourant cette affaire. Ils relancent toutefois le débat sur la sécurité sanitaire et environnementale dans les zones rurales tunisiennes. Cette situation met en évidence la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation afin d’éradiquer cette plante, d’empêcher le bétail de s’en approcher et d’éviter toute confusion avec des herbes sauvages destinées à la consommation.



