
Selon Mustapha Ammar, vendeur de moutons, les prix ont toutefois légèrement reculé d’environ 100 dinars ces derniers jours sous l’effet de la baisse du pouvoir d’achat. Les moutons de taille moyenne se vendent entre 1400 et 1500 dinars, tandis que les brebis coûtent autour de 1300 dinars. Les plus gros moutons dépassent parfois les 2000 dinars.
Les éleveurs espèrent une nouvelle baisse dans les prochains jours afin d’écouler les bêtes avant l’augmentation des charges liées à l’alimentation.
Des coûts de production en forte progression
Les professionnels du secteur expliquent cette flambée par la hausse continue des coûts de production. Abdallah Ibrahim, éleveur, affirme que les prix actuels couvrent à peine les dépenses engagées.
Les aliments pour bétail ont augmenté de près de 30 %, alors que l’approvisionnement reste irrégulier. Le prix de 85 kg d’orge dépasse désormais 60 dinars, tandis qu’une botte de foin atteint 25 dinars à la ferme.
Les éleveurs dénoncent également le coût élevé des soins vétérinaires et le manque d’accompagnement durant les épisodes de fièvre aphteuse.
Inquiétudes autour de la baisse du cheptel
Youssef, éleveur à Souk Jedid, appelle les autorités à renforcer les campagnes de vaccination et à lutter contre l’abattage anarchique des femelles productives et des agneaux, qu’il considère comme une menace pour la pérennité du cheptel.
Le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Sidi Bouzid, Ali Brahmi, souligne que la rareté des pluies, le recul des pâturages naturels et la hausse des coûts du transport aggravent les difficultés des éleveurs. Selon lui, ces facteurs poussent les producteurs à vendre leurs moutons à des prix élevés afin d’assurer la continuité de leur activité.
Le nombre de moutons destinés à l’Aïd El-Idha dans le gouvernorat est passé de 347 000 têtes en 2018 à environ 110 000 en 2024, illustrant le recul progressif du cheptel dans la région.


