
S’exprimant, dans une visio-conférence, à l’occasion du 17e forum international annuel organisé par « L’Économiste Maghrebin », Belhadj a estimé que la Tunisie doit opter à une refonte radicale de ses alternatives économiques et stratégiques.
D’après lui, la souveraineté au 21ème siècle ne se limite plus à l’autosuffisance, mais elle englobe « la capacité à gérer intelligemment les relations internationales et à réduire ses vulnérabilités stratégiques». Il a expliqué, dans ce cadre, que la Tunisie doit « revoir ses outils de réflexion, adoptés depuis des décennies, et ce, face aux transitions rapides de l’économie mondiale».
« Les grandes puissances mondiales ne se concentrent plus uniquement sur la croissance, mais aussi sur la sécurité énergétique, la souveraineté technologique et le contrôle des chaînes d’approvisionnement et des infrastructures vitales », a-t-il noté, ajoutant que la géographie stratégique joue un rôle primordial dans la définition des équilibres des puissances économiques.
Belhadj a fait savoir, en outre, que la situation géographique de la Tunisie représente une opportunité stratégique majeure, réitérant que la valeur des nations dépendra, dans les années à venir, de leur capacité à gérer les flux d’énergie, de finance, de services logistiques et de compétences humaines.
Dans le même cadre, il a noté que la « géopolitique de l’énergie » repose principalement sur les réseaux, les infrastructures, l’interconnexion électrique, le stockage, les ports et les câbles intelligents…, et non plus seulement sur la possession de ressources naturelles. Il a affirmé, ainsi, que le projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie reflète cette nouvelle transition de la géographie énergétique méditerranéenne.
Evoquant la sécurité alimentaire, Belhadj a dit que le défi agricole en Tunisie n’est pas tributaire de la production, seulement, mais il concerne également la résilience face au stress hydrique, à la sécheresse et à la pénurie des ressources hydrauliques, appelant à développer une agriculture basée sur les technologies et l’irrigation intelligente, ainsi qu’à l’impératif de moderniser les chaînes de valeur et d’améliorer les capacités de stockage et d’exportation.
Par ailleurs, il a considéré que le capital humain constitue le principal atout de la Tunisie, rappelant que le pays dispose d’importantes compétences dans les filières de l’ingénierie, de médecine et de technologie. Toutefois, il a pointé de doigt les problèmes de chômage des diplômés universitaires et de la fuite des cerveaux, soulignant qu’ils représentent une véritable « hémorragie de souveraineté ».
Sur un autre registre, il a indiqué que la situation des finances publiques est l’une des principales vulnérabilités du pays, étant donné que la dette publique dépasse les 80% du PIB, et que la masse salariale du secteur public représente 13% du PIB.
Il a, en outre, fait savoir, qu’une proportion importante de l’épargne nationale est actuellement consacrée au financement des besoins de l’État par le biais des obligations du Trésor, au détriment du financement des investissements et des entreprises économiques.


