La Tunisie a appelé mardi à Nairobi à une réforme radicale de l’ordre international, plaidant pour un multilatéralisme plus juste et équitable, lors de son intervention au sommet Afrique-France « Africa Forward ».
Prenant la parole lors de la session plénière sur la paix et la sécurité du Centre international de conférences Kenyatta, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a dénoncé la sélectivité croissante et la politique de deux poids, deux mesures dans l’application du droit international, et l’incapacité de la communauté internationale à mettre fin aux violations du droit humanitaire, estimant que cette sélectivité sape la crédibilité de la légitimité internationale.
Sur le plan institutionnel, la cheffe du gouvernement a renouvelé l’appel de la Tunisie à accélérer la réforme du Conseil de sécurité et à restructurer le système financier mondial, en lien avec les engagements issus de la Conférence FFD4 de Séville (juillet 2025) et de la COP30 de Belém (novembre 2025). Elle a par ailleurs réclamé la mise en place d’un cadre juridique international contraignant pour la restitution des avoirs mal acquis, qualifiés de « droit souverain » des peuples.
Sur les défis du continent africain, Sarra Zaâfrani Zenzri a défendu le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », tout en plaidant pour une approche qui s’attaque aux racines profondes des crises, notamment la marginalisation, la pauvreté et la vulnérabilité, au-delà de leur seule dimension sécuritaire. Elle a fermement rejeté toute tentation de réduire le continent à « un simple espace d’intervention ou une arène de compétition ».
Sur le plan bilatéral, la cheffe du gouvernement a mis en valeur le positionnement singulier de la Tunisie en tant que pont naturel entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde, forte de ses expertises reconnues dans les domaines de la santé, de l’éducation et des technologies. Elle a lancé une invitation formelle aux partenaires africains et internationaux à prendre part au Forum tunisien de l’investissement, prévu les 25 et 26 juin 2026, qui mettra en lumière des projets d’envergure dans les énergies renouvelables, le numérique et les industries mécaniques et électriques.
En guise de conclusion, Sarra Zaâfrani Zenzri a estimé que le monde se trouve à un « carrefour » décisif : soit la logique de l’hégémonie, qui mène au chaos, soit une réforme sincère vers un nouvel ordre international fondé sur la justice, l’équité et le respect des souverainetés, voie que prône la Tunisie, conformément aux orientations du président de la République, Kaïs Saïed.


