Plusieurs actions visant à développer les instruments de financement vert (obligations vertes) les plus adaptés au contexte tunisien sont en cours d’élaboration, a fait savoir le ministre de l’Économie et de la planification, Samir Abdelhafidh.

Intervenant, mardi, lors de la cinquième édition du Forum international de la responsabilité sociétale des entreprises (CSR Power Forum) qui se tient, les 5 et 6 mai à Tunis, le ministre a souligné que la transition vers une économie bas carbone ne saurait se concrétiser sans une mobilisation du secteur financier.

La décarbonation des économies s’impose comme un levier majeur de compétitivité, d’attractivité et de résilience, a indiqué le ministre, estimant  que la Tunisie est aujourd’hui devant un choix stratégique déterminant, afin d’assurer la transition vers une économie bas carbone qui constitue une véritable opportunité de développement inclusif.

Au cours des dernières années, la Tunisie a adopté un ensemble de réformes visant à intégrer pleinement les dimensions environnementales et climatiques dans ses politiques publiques, a-t-il indiqué.

Il a cité, dans ce cadre, l’intégration progressive de la budgétisation sensible au climat, afin de faire du budget de l’État un véritable instrument de pilotage de la transition écologique.

Le ministre a, dans le même contexte,  évoqué l’élaboration de la troisième édition de la Contribution Déterminée au niveau national (CDN3.0) qui vise l’accélération de la transition vers une économie bas-Carbonne.

Abdelhafidh a rappelé également les mesures incitatives qui ont été introduites dans le cadre des différentes lois de finance pour encourager l’investissement dans les énergies renouvelables,  l’efficacité énergétique et  les activités liées à l’économie verte, à l’économie bleue et à l’économie circulaire.

Il a cité par ailleurs les instruments de financement qui ont été mobilisés, notamment à travers le Fonds de transition énergétique, pour soutenir les investissements en efficacité énergétique et en énergies renouvelables, à travers l’octroi de primes, de crédits complémentaires et de participations en capital au profit de projets industriels.

En dépit des progrès réalisés, souligne encore le ministre, le chemin à parcourir reste important et la mobilisation des financements verts, le développement de projets structurants et le renforcement des capacités techniques constituent autant de priorités pour les années à venir.

Il a, dans ce cadre, appelé à renforcer la mobilisation collective tant de  de l’État, que les entreprises, les institutions financières, ainsi que les partenaires internationaux.

Le ministre, a par ailleurs,  mis l’accent sur la nécessité du renforcement des politiques adoptées par des dispositifs de suivi, de mesure et de reporting des émissions, ainsi que par l’instauration progressive des mécanismes de tarification carbone.

Ces instruments constituent des leviers stratégiques pour orienter les investissements vers des activités à faible intensité carbone et accompagner efficacement les entreprises tunisiennes dans leur transition, tout en favorisant une transformation progressive vers un modèle économique bas carbone et durable, a-t-il conclu.

Pour l’économiste et conseiller scientifique du CSR, Abdelkader Boudriga, le problème ne réside pas dans la disponibilité du capital mais il est lié plutôt à la structuration, à l’orientation et à l’organisation des fonds.

Le problème n’est pas un déficit de financement, mais il s’agit entre autres de défaillances au niveau de l’architecture des flux des capitaux, a-t-il avancé.

Tant que les  structures des fonds  restent inchangées, ils (fonds) continueront à emprunter une trajectoire familière et à se concentrer dans des circuits jugés maitrisés, a-t-il encore expliqué.

« Il ne s’agit pas d’un gap de financement vert, d’ailleurs nous n’avons pas la capacité d’absorber assez de capitaux pour des raisons liés à la taille, mais nous devons développer les outils et la capacité de maitrise de la circulation des fonds », a  indiqué le responsable.

De son côté, l’ambassadeur de la Délégation de l’Union européenne (UE) en Tunisie, Giuseppe Perrone a souligné que la transition offre de grandes opportunités à saisir pour la Tunisie, les pays européens et l’économie mondiale.

Le coût de l’inaction a un impact  plus élevé que les sources d’investissement nécessaires pour opérer la transformation verte, a estimé le diplomate Européen.

Il a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer le financement de la transition verte, soulignant que la mobilisation des fonds en question n’est pas seulement du ressort des États.

Le secteur privé doit être impliqué et investir, et ce, dans le cadre d’un écosystème favorable, a-t-il appuyé.

Le CSR POWER FORUM est un événement annuel organisé par AM Media Plus, en partenariat avec des institutions et organisations nationales et internationales engagées en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Il constitue une plateforme d’échanges et de convergence réunissant entreprises, experts, décideurs et acteurs clés autour des enjeux du développement durable, selon les organisateurs.

L’édition 2026 met en lumière les défis liés à l’innovation technologique, aux pressions environnementales et à l’intensification de la concurrence sur les marchés local et international.

Au programme figure également un concours dénommé « CSR AWARDS » qui essaye de mettre en lumière et en valeur les entreprises et les startups dont les initiatives RSE sont innovantes, significatives et prometteuses.

Ce concours vise à encourager les entreprises à adopter une approche innovante, éthique, durable et rentable.