L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a adopté, lors d’une séance plénière tenue, mardi 7 avril 2026, à Bardo, le projet de loi organique portant ratification de l’accord conclu le 14 juillet 2022 entre la Tunisie et l’Union africaine pour établir le siège du Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs (AIMEC) à Tunis, avec 92 voix pour, 3 voix contre et 3 abstentions.

Cet accord stipule que la Tunisie accueillera le siège officiel du Centre, qui est une structure relevant de la Commission de l’Union Africaine, tout en établissant le cadre juridique qui régit ses activités dans le pays et garantit son indépendance administrative.

Dans sa réponse aux questions adressées par les députés, le ministre du Commerce et du Développement des Exportations, Samir Abid a souligné l’importance de ce centre, tout en mettant en évidence un quasi-consensus parlementaire sur son utilité et son apport à la Tunisie, notamment en termes de renforcement de sa présence au sein des structures de l’Union Africaine.

Le Centre vise à être une plateforme africaine de réflexion, d’innovation et d’action commune, à travers le développement de politiques et de programmes basés sur les meilleures pratiques internationales, ce qui aura un impact positif sur la jeunesse, l’économie et en particulier, sur les petites et moyennes entreprises(PME), a-t-il expliqué.

« Le Centre accordera une attention particulière à ces catégories, ainsi, qu’aux petits agriculteurs et industriels, et ce en harmonie avec les orientations nationales, afin de renforcer leur intégration dans le cycle économique et de consolider leur croissance », a-t-il encore dit.

De même, le Ministre du Commerce a que le Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs permettra d’échanger l’expertises dans le domaine des marchés inclusifs et des politiques économiques.

Concernant les préoccupations évoquées par certain nombre de députés, liées notamment aux privilèges et à l’immunité, le ministre a affirmé que l’accord s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux de la Tunisie et ne transgresse pas les pratiques en vigueur depuis son adhésion aux organisations régionales et internationales, soulignant à ce propos, que la souveraineté nationale reste pleinement préservée. Le ministre a, par ailleurs, précisé que parmi les principaux objectifs du centre figure le renforcement des relations économiques avec les pays africains dans le cadre de la coopération sud/sud . Il s’agit, également, d’appuyer la diplomatie économique afin de permettre à la Tunisie de tirer profit des opportunités offertes par la zone de libre-échange continentale africaine tout en préservant les intérêts de ses entreprises économiques. Dans ce même contexte, Abid a fait savoir que les activités du centre seront ouvertes et transparentes et seront publiées dans les différents médias, afin de permettre une meilleure coordination et complémentarité.

Le Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs vise à soutenir le développement des marchés intégrés à l’échelle du continent, en favorisant l’insertion des catégories vulnérables dans le circuit économique, tant au niveau de la production que de la consommation, outre la concrétisation des objectifs de développement durable et d’encouragement de l’innovation dans les politiques économiques.

Le Centre se chargera de réaliser des études et des recherches, de fournir des prestations de conseil aux États africains, ainsi que d’organiser des sessions de formation et des ateliers de travail. Il œuvre également à promouvoir les partenariats public- privé (PPP), ciblant particulièrement les PME, afin de faciliter leur accès aux marchés et de favoriser la création d’emplois.

Au niveau réglementaire, l’accord stipule l’octroi au Centre et à ses cadres d’une série de privilèges, comprenant notamment des facilités diplomatiques et logistiques, ainsi que des exonérations fiscales et douanières, conformément aux dispositions de l’accord, afin de garantir son bon fonctionnement.

L’État tunisien s’engage à mettre à disposition un siège adéquat dûment équipé et à en assurer la sécurité, en plus de faciliter les procédures de séjour et de déplacement du personnel, tout en soutenant les activités du Centre selon les moyens disponibles. Placé sous la tutelle de la Commission de l’Union africaine (UA), le Centre bénéficie d’une autonomie dans l’exécution de ses programmes, qui vont de pair avec les politiques continentales, notamment l’Agenda 2063 de l’Afrique. Par ailleurs, l’accord fixe les modalités de son entrée en vigueur, ses mécanismes d’exécution ainsi que les conditions de sa révision par consentement mutuel.