La commission des finances et du budget relevant de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a tenu, lundi 9 mars 2026, une séance d’audition du ministre des Transports consacrée au projet de loi relatif à l’approbation de la convention de prêt conclue le 16 octobre 2025 entre la République tunisienne et le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES).

Ce financement est destiné à contribuer au projet de renouvellement et de développement des lignes ferroviaires pour le transport du phosphate.

Le ministre a souligné, à cette occasion, que le développement du transport ferroviaire constitue un pilier essentiel pour améliorer le rendement du secteur du phosphate et lui permettre de retrouver sa compétitivité sur les marchés moniaux, d’autant plus qu’il dispose de plusieurs avantages comparatifs, notamment, une grande capacité de chargement et un cout plus bas par rapport aux autres moyens de transport.

Il a toutefois précisé que malgré ces atouts, le transport ferroviaire du phosphate fait face à des difficultés structurelles qui se sont aggravées ces dernières années, limitant sa capacité opérationnelle à environ 50% de son potentiel actuel.

Le ministre a ajouté que l’État, a accordé, dans le cadre de son orientation stratégique vers l’État social, une priorité particulière à ce secteur à travers un plan visant la reprise progressive du rythme d’activité.

Cette stratégie repose sur le renouvellement et la modernisation du réseau de transport du phosphate afin de soutenir la compétitivité du secteur à l’échelle mondiale, ce qui aura un impact positif sur la balance commerciale et les équilibres financiers de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT).

Le projet de renouvellement et de renforcement du réseau se divise en deux parties. La première, d’un coût de 138 millions de dollars, concerne le renouvellement de 190 km de voies sur les lignes 5, 14, 17 et 21.

Les études relatives au cahier des charges sont finalisées et la date limite de réception des offres est fixée au 24 mars 2026.

La seconde phase mobilisera une enveloppe estimée à 546 millions de dollars et portera sur la réhabilitation de 415 km restants, la mise à niveau des tunnels et des stations et l’installation d’un système de signalisation moderne, la création d’un nouveau centre de maintenance ainsi que l’acquisition d’équipements de maintenance mécanique.

De son côté, le directeur général de la SNCFT a indiqué que le transport du phosphate représente environ 40% des revenus de la société. Il a rappelé qu’avant 2011, le volume transporté atteignait au moins 8 millions de tonnes par an, contre seulement 1,38 million de tonnes actuellement en raison de la baisse de la production et de la vétusté de l’infrastructure.