L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé vendredi un appel urgent à l’échelle mondiale pour lutter contre l’anémie, une maladie souvent sous-estimée qui touche plus d’un milliard de personnes dans le monde.
À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’anémie, célébrée chaque année le 13 février, l’agence onusienne souligne que l’anémie ferriprive, principalement causée par une carence en fer, constitue une priorité de santé publique aux conséquences “dévastatrices” sur le développement humain, en particulier chez les enfants et les femmes enceintes.
Selon l’OMS, les enfants de moins de 5 ans figurent parmi les populations les plus exposées. Dans ses formes sévères, la maladie entraîne des retards irréversibles du développement cognitif et moteur, altérant durablement l’apprentissage et la croissance cérébrale. L’organisation souligne également l’impact sur les performances scolaires, avec une baisse de l’attention, de la mémoire et de l’engagement social des élèves.
Les symptômes courants (fatigue, vertiges, maux de tête, essoufflement) sont souvent négligés, alors qu’une pâleur des muqueuses ou une accélération du rythme cardiaque peuvent signaler des formes avancées potentiellement mortelles.
Sur ses canaux de communication, l’OMS-Tunisie précise que l’anémie est une maladie multifactorielle. Outre les carences nutritionnelles en fer, vitamine B12 ou acide folique, elle peut être provoquée par des pertes sanguines chroniques (règles abondantes, post-partum), des troubles génétiques (drépanocytose), des infections (VIH, parasitaires) ou des maladies inflammatoires.
Face à cette urgence sanitaire, l’OMS préconise cinq d’actions immédiats : promouvoir une alimentation riche en fer (viandes rouges, légumineuses) et en micronutriments essentiels, distribuer des suppléments nutritionnels ciblés sous supervision médicale pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, renforcer la prévention des infections via la vaccination et les traitements antiparasitaires, espacer les grossesses d’au moins 24 mois pour permettre la reconstitution des réserves en fer, et généraliser le dépistage précoce chez les groupes à risque, y compris pour les cas asymptomatiques.
L’organisation appelle les gouvernements, les professionnels de santé et les communautés à intégrer la lutte contre l’anémie dans les politiques de santé publique, afin de préserver le capital humain des générations futures et réduire les inégalités sanitaires, particulièrement dans les régions aux ressources limitées où la maladie reste largement sous-diagnostiquée.

