Le Théâtre de l’Opéra à la Cité de la Culture Chedli Klibi a vibré dimanche soir au rythme de l’ouverture officielle de la 7ème édition des Journées des Arts de la Marionnette de Carthage (JAMC) qui coïncide avec la célébration du 50ème anniversaire de la création du Centre National des Arts de la Marionnette.

Dans son mot d’ouverture, Imed Mediouni, directeur des JAMC et du Centre National des Arts de la Marionnette, a souligné que malgré les cinquante années écoulées, “les marionnettes n’ont pas vieilli ; c’est plutôt l’imaginaire, la beauté et l’expérimentation qui ont grandi avec elles”. Il a décrit cet art comme un langage humain universel, capable de transformer la société. L’art de la marionnette, a-t-il ajouté, est un “art au double discours: s’il semble s’adresser aux enfants, il bouscule les adultes en les plaçant face à des miroirs qui reflètent leurs propres mouvements, oscillant entre dérision et douleur, entre l’ombre et la lumière”.

Présent au nom de la ministre des Affaires Culturelles, Noomen Hamrouni, directeur des arts audiovisuels, a salué l’évolution remarquable de cet art en Tunisie et le rayonnement croissant des JAMC à l’échelle arabe et internationale. Cette 7ème édition, a-t-il mentionné, témoigne de cette vitalité avec la participation de 16 pays et un programme comprenant des spectacles de haut niveau, des masterclass, des colloques scientifiques ainsi que des expositions variées.

La cérémonie, orchestrée par le metteur en scène Oussema Makni, a offert une succession de tableaux chorégraphiques et de performances techniques. Parmi les moments forts : Un monologue poignant interprété par Taher Issa El Arbi, extrait de la pièce “Min al-Ishq Ma Qatal” (De l’amour ce qui tue).

Un hommage a été également rendu au metteur en scène Hassan Mouaden à travers des extraits de ses œuvres emblématiques, notamment “Le Maître et l’Esclave” porté par Mounir Ammari, et “L’Orage” présenté par les jeunes talents du Centre National.

Des hommages ont été rendus à la mémoire de Abdelaziz Mimouni, ainsi qu’à Monia Abid (ancienne directrice), Habiba Jendoubi (doyenne des marionnettistes) et Kassem Ismail Chermiti.

La soirée s’est achevée en apothéose avec la projection de la bande-annonce officielle de la 7ème édition, tandis que la salle des Jeunes Créateurs accueillait la pièce “Le Manteau” (Al-Kabout), une création scénique produite par le Centre National d’art de la marionnette, adaptée d’un texte le Manteau de Nicolai Gogol. Conçue et mise en scène par Amir Ayouni, cette œuvre muette propose une immersion visuelle et dramaturgique où la marionnette devient langage universel.