L’annonce de Fitch Ratings confirmant la note « B- » avec perspective stable marque une étape de consolidation pour la Tunisie en ce début d’année 2026. Si le retrait de la surveillance (UCO) offre une bouffée d’oxygène symbolique, le rapport souligne une réalité économique nuancée, où la résilience financière se heurte à des défis de gouvernance structurels.
Voici le décryptage de cette situation selon les trois zones d’influence et les leviers de performance.
1. Analyse Tri-Zone : Les enjeux de la notation
| Zone d’Impact | Diagnostic de l’Expert | Risques & Opportunités |
| Zone Locale (Tunisie) | La perspective stable valide les efforts de réduction des déficits, mais la dépendance aux réformes reste critique. | Risque : Une dérive budgétaire ou une fonte des réserves de change entraînerait une dégradation immédiate. |
| Zone Régionale (MENA/Afrique) | La Tunisie se maintient dans une catégorie spéculative, limitant son attractivité face à des voisins plus réformateurs. | Opportunité : Un accès facilité aux financements bilatéraux si la trajectoire de dette se stabilise durablement. |
| Zone Internationale (Marchés) | L’introduction des critères RR4 (Recouvrement moyen) montre que les créanciers internationaux intègrent désormais un scénario de défaut partiel. | Risque : Un score ESG de “5” (Stabilité politique) pèse lourdement sur le coût du refinancement externe. |
2. Le Facteur ESG : Le talon d’Achille institutionnel
Fitch est catégorique : la gouvernance est le principal frein à une meilleure notation. Avec un score de pertinence ESG de 5, la Tunisie paie le prix d’une “stabilité politique faible” et d’un “état de droit affaibli” (36e percentile WBGI).
Pour l’éditorialiste économique, cela signifie que la performance purement comptable (réserves de change, déficit) ne suffira pas. Sans une amélioration de la qualité institutionnelle et une lutte plus agressive contre la corruption, le plafond de verre de la catégorie “B” sera difficile à briser.
3. Perspectives : Les deux chemins de 2026
L’agence de notation trace une ligne claire entre deux trajectoires possibles :
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Le Scénario de l’Up-grade : Il repose sur la crédibilité. Ce n’est pas seulement réduire le ratio dette/PIB, c’est démontrer un engagement “renforcé et durable” dans les réformes. L’augmentation des réserves de change via un compte courant maîtrisé est le second pilier indispensable.
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Le Scénario du Down-grade : Une incapacité à réduire les besoins de financement ou une dépréciation monétaire brutale. La Tunisie reste à la merci d’un choc externe qui fragiliserait ses comptes extérieurs déjà sous pression.



