Le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, Nafaa Bekkari, a déclaré vendredi que le forum « Financement participatif dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables » s’inscrit dans le cadre des efforts concertés au niveau national pour atteindre l’objectif de produire d’électricité à partir d’énergies renouvelables à hauteur de 35% d’ici 2030 et de 50% a l’horizon 2035.
D’après lui, cet effort collectif requiert l’implication de tous les acteurs nationaux du secteur, notamment la société civile, les financeurs publics et privés, les citoyens, ainsi que les partenaires internationaux, lesquels devraient mobiliser des prêts extérieurs, afin de garantir les financements nécessaires à ces projets.
Et d’ajouter que le financement participatif est une approche novatrice, fondée sur la base de la conviction que les citoyens doivent contribuer à la transition énergétique.
Il a fait savoir, ainsi, que cette approche a déjà été mise en œuvre par la participation à des projets lancés par l’Agence en collaboration avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) pour la production d’électricité à travers l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture.
“Jusque-là, nous avons installé des panneaux d’une capacité globale depassant les 400 Mw, grâce à des contributions citoyennes allant de 5 à 10%, a-t-il noté, ajoutant que ces contributions se font parfois par le biais de prélèvements sur les factures de la Steg, sans recours à des prêts, ou par des subventions présentées par l’agence. »
Il a affirmé, en outre, que l’Agence a lancé une étude, en 2025, laquelle a révélé un potentiel important pour le développement du financement participatif pour les citoyens et les groupements nationaux aux niveaux local, régional et national.
Par ailleurs, il a indiqué que ce forum est le premier du genre au niveau national et il sera suivi de forums régionaux afin de sensibiliser les citoyens quant à l’importance de la participation au financement participatif dans le secteur des énergies renouvelables et à l’impératif de la levée des obstacles techniques et législatifs qui freinent ce projet.
Le directeur général de l’Agence pour la promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), Omar Bouzouada, a expliqué que le rôle de l’agence consiste à la conception d’une législation adéquate et d’une panoplie des mécanismes en rapport avec le financement participatif afin d’inciter efficacement au financement de projets, notamment dans le secteur de la transition énergétique.
C’est ainsi que l’agence oeuvre à renforcer le cadre législatif existant afin d’améliorer la compétitivité des entreprises, de leur permettre de s’intégrer à la chaîne de valeur mondiale et d’assurer une transition vers une industrie de quatrième génération.
Lle responsable a estimé que toutes les entreprises sont tenues d’adopter des pratiques de production écologiques qui optimisent l’efficacité énergétique afin d’améliorer leur compétitivité.
Il est à rappeler que le secteur industriel compte actuellement 5 000 entreprises, contribuant à hauteur de 18% au PIB et assurent 90% des exportations tunisiennes. Ce secteur vital accapare 20% des postes d’emploi, d’où l’impératif de le soutenir.
Bouzaouada a fait savoir, aussi que plusieurs secteurs sont concernés par la transition énergétique, notamment les secteurs exportateurs et énergivores tels que les matériaux de construction, la céramique, le verre, les composants aéronautiques, l’automobile et le textile.
Il a noté que la première plateforme de financement participatif a été lancée, fin 2025, et qu’il s’agissait de la première plateforme à obtenir une autorisation de la part de l’Autorité de microfinance.
De son côté, le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, a expliqué que l’économie tunisienne, à l’instar des économies du monde entier, connaît de profondes transformations qui nécessitent la recherche d’outils nouveaux et plus flexibles pour financer les initiatives privées, principalement au profit des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et des porteurs de projets.
Dans ce contexte, la finance participative se présente comme un mécanisme complémentaire au système financier traditionnel, et non comme un substitut. Ce mécanisme ouvre de nouvelles perspectives pour la mobilisation de l’épargne en diversifiant les sources de financement, en rapprochant les investisseurs des projets et en renforçant la culture de la responsabilité économique.


