L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a mis en ligne une nouvelle plateforme numérique baptisée Navigateur des Sites, un système d’information géographique (SIG) destiné à améliorer le suivi et la gestion des biens inscrits au Patrimoine mondial, des réserves de biosphère et des géoparcs à l’échelle planétaire, a annoncé l’Organisation.

Cet outil interactif, accessible sur le site du Centre du patrimoine mondial, permet de visualiser les limites officielles des sites UNESCO, d’intégrer près d’une quarantaine de jeux de données satellitaires et géospatiales, et de fournir des alertes automatisées quotidiennes et hebdomadaires sur des risques potentiels tels que les incendies de végétation, les séismes, les tsunamis ou les perturbations de la couverture végétale.

Pour des pays riches en patrimoine comme la Tunisie, cette plateforme offre un outil inédit de pilotage territorial et de conservation anticipative. Elle facilite notamment la prise de décisions éclairées en matière de protection, de planification et de réponse aux pressions croissantes liées au changement climatique.

La Tunisie compte 8 biens culturels et naturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, incluant des sites antiques majeurs (Carthage, El Jem, Dougga, Kerkouane) et des médinas historiques (Tunis, Sousse, Kairouan), ainsi que le Parc national de l’Ichkeul. L’île de Djerba est la plus récente inscription (2023).

Financé par des fonds multilatéraux, dont ceux de la Flandre et des Pays-Bas, le Navigateur des Sites s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la gestion intégrée des sites à désignations multiples et à accroître la visibilité des données géospatiales officielles mises à la disposition des États parties.

La plateforme marque une étape significative dans l’usage des technologies numériques au service de la conservation du patrimoine mondial.

En Tunisie, ces outils interviennent alors que des sites classés sont exposés à l’érosion et au dérèglement climatique, à l’image du paysage culturel de Sidi Bou Saïd, candidat à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial et confronté à une fragilité géologique accrue.