Après près de vingt ans de création dans l’intimité de son atelier à Hammamet,  l’artiste plasticien Baker Ben Fredj rompt le silence avec une exposition qui démarre le 24 janvier à 16h30 jusqu’au 24 février à la galerie Archivart à la Marsa, dont le titre choisi est le “Le Reste”.

Cette figure respectée de la scène artistique tunisienne et maître reconnu principalement pour la gravure a choisi de dévoiler 32 d’œuvres puisées de son imaginaire artistique et de son inspiration de motifs berbères tels que le le poisson, la lune ou le chameau, matérialisée en symboles, signes et dessins de l’histoire plurimillénaire qui semblent naitre de l’art pariétal, dans une vision résolument contemporaine.

Baker Ben Fredj a fait part de sa joie d’exposer après près de 20 ans de silence à l’agence TAP  et “c’est la galeriste Wafa Gabsi de la galerie Archivart qui est venue me voir à deux reprises pour que j’expose” a-t-il ajouté, “sachant que c’était aussi pour mettre un terme à toutes les dires de personnes qui croyaient que j’avais mis fin à la gravure alors qu’elle est cette passion principale que je n’ai jamais abandonné”.

Au sujet de son choix du titre de l’exposition, l’artiste explique que le ‘Le Reste” émane de la réflexion du philosophe français Gilles Deleuze, dans le sens où l’on fait avec ce que l’on a, de récupérer l’existant et de l’ancien pour créer à travers cette problématique qui n’est pas du tout péjorative, mais en tant que matrice.

La connexion de Baker Ben Fredj avec la nature se révèle à travers ses œuvres où les couleurs choisies sont relativement claires pour la plupart, allant du blanc cassé, de l’ocre au jaune clair ou au tendre rouge presque bordeaux, telle une palette automnale marquée de subtiles touches de noir, apaisées par les couleurs qui l’entourent. Il s’agit aussi de découvrir des variations de bleus et de verts, couleurs que l’on retrouve aussi bien la mer au loin de Hammamet où il a son atelier.

Baker Ben Frej  met aussi en relief le rose entourant ses formes et compositions, tel un hommage au printemps et à la vie si douce au regard, qui démarque les signes, symboles et figures géométriques gravées dans une sensibilité presque palpable.

Formé aux beaux-arts à l’ITAAUT Technologique d’Art, d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis (ITAAUT) en 1990, avec un passage à Paris à la Cité des Arts, où il passait beaucoup de temps aux Musées, notamment celui de l’Homme, Baker Ben Fredj a consacré une partie de sa vie à l’enseignement sans pour autant abandonner la peinture qui le passionne, l’interroge et le pousse à créer des œuvres uniques avec comme base la gravure sous oublier le collage ou le marouflage, pour démarrer de l’art primitif à travers une démarche contemporaine.

Ses compositions inspirées proposent une réflexion profonde des arts plastiques sous le regard et le génie créateur de Baker Ben Fredj où l’imaginaire et la poésie se rencontrent au service de l’art pour une exposition et à découvrir, aussi bien pour les étudiants que les férus de beauté intemporelle.