
Selon l’expert, ces pluies n’ont pas concerné les régions du Nord-Ouest, qui concentrent près de 65 % des barrages du pays. Cette réalité géographique réduit fortement leur impact sur les réserves hydriques stratégiques.
Houcine Rhili souligne que l’opinion publique associe souvent les épisodes pluvieux au remplissage automatique des barrages. Or, cette relation n’est pas systématique. Il appelle à relativiser l’effet de ces précipitations, dont les volumes, bien qu’élevés, restent inégalement répartis sur le territoire.
Des pluies concentrées sur le littoral est
La récente tempête méditerranéenne a principalement touché les régions côtières et le littoral est. Les zones du Grand Tunis, de Bizerte et du Cap Bon ont enregistré les cumuls les plus importants. Des quantités exceptionnelles ont été relevées à El Mida, avec 250 mm, et à Hammamet, avec 220 mm, ainsi que dans certaines zones de l’extrême nord.
À l’inverse, les régions du Nord-Ouest, où se situent les grands barrages, n’ont connu que des précipitations faibles à moyennes. Cette situation limite les apports directs aux retenues d’eau.
Un taux de remplissage toujours insuffisant
Dans ce contexte, le taux global de remplissage des barrages devrait se situer entre 30 et 32 %, selon l’expert. Ce niveau demeure insuffisant pour réduire durablement la pression sur les ressources hydriques du pays.
Houcine Rhili rappelle également qu’une part importante des eaux de pluie s’écoule vers la mer ou les sebkhas, faute de dispositifs efficaces de mobilisation et de stockage.
Repenser la gestion des eaux pluviales
Face à l’évolution progressive de la carte pluviométrique, l’expert plaide pour une révision des politiques publiques de gestion de l’eau. L’objectif consiste à mieux capter les précipitations, à réduire la pression sur les infrastructures routières et à limiter les risques d’inondation.
Parmi les solutions avancées figurent la création de barrages périurbains et la valorisation de techniques traditionnelles de collecte des eaux pluviales, telles que les bassins et les citernes, appelées « majels ». Ces dispositifs pourraient renforcer la résilience hydrique face aux effets du changement climatique.


