
Présentée en avant-première le 28 novembre 2025 au Théâtre municipal de Tunis, dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage, la pièce est une comédie en dialecte tunisien librement adaptée de La Locandiera (La Belle Aubergiste), œuvre emblématique du dramaturge italien Carlo Goldoni, écrite en 1752 et créée en janvier 1753, parmi les premières à rompre avec l’usage du masque au profit d’un jeu réaliste.
Transposant l’intrigue dans un contexte tunisien contemporain, Résidence Chahira met en scène Chahira, femme d’autorité et de finesse, à la tête d’une résidence fréquentée par une galerie d’hommes que l’argent, le statut social ou l’héritage persuadent de tout pouvoir acheter. La pièce bascule avec l’arrivée d’un personnage misogyne, hostile aux femmes, que l’héroïne conduit, par la ruse et l’élégance, de la défiance à l’obsession amoureuse.
Fidèle à l’esprit de la comédie classique, l’adaptation interroge la place de la femme dans une société encore largement dominée par les codes masculins, tout en livrant une satire mordante d’une classe sociale fascinée par l’ostentation et l’argent facile.
La distribution réunit Ibaa Hemli, Farhat Jdidi, Jaleleddine Saâdi, Chakib Ghanmi, Lotfi Ennajeh, Oumaima Meherzi, Yosra Trabelsi et Sabri Bouhali, avec la participation du violoniste Radhi Chaouali, également auteur de la musique. La création lumière est signée Sabri Atrous, les tableaux scéniques Mourad Harbaoui, la chorégraphie Kais Bou Laârass, les costumes Ines Bouzayane et le décor Sami Mejri.
Avec Résidence Chahira, le rire se fait outil critique, révélant, sous le vernis de la comédie, les lignes de fracture d’un ordre social et symbolique toujours à l’œuvre.


