Le Forum économique mondial (WEF) alerte sur une décennie de « turbulences » sans précédent, marquée par la montée en puissance des confrontations géoéconomiques et des risques technologiques, selon son Rapport sur les risques mondiaux 2026 (Global Risks Report 2026).

Publié mercredi, sur le site du Forum, le rapport révèle un pessimisme croissant parmi les experts : 57 % des experts mondiaux anticipent un avenir « turbulent » ou « orageux » d’ici 2036, contre 50 % pour les deux prochaines années. Seulement 1 % envisagent un horizon « calme ».

La confrontation géoéconomique qui se manifeste par les sanctions, les barrières commerciales et l’instrumentalisation des chaînes d’approvisionnement, est identifiée comme le principal risque à court terme, détrônant les conflits armés entre États. Ce phénomène reflète une fragmentation croissante de l’ordre mondial, où la rivalité stratégique prend le pas sur la coopération multilatérale.

Les inégalités socio-économiques, considérées pour la deuxième année consécutive comme le risque le plus interconnecté, alimentent la polarisation sociale, l’érosion du contrat social et la défiance envers les institutions. Parallèlement, les risques économiques, tels que la récession, l’inflation et les bulles d’actifs, gagnent en importance à court terme. De même, les dangers liés à l’intelligence artificielle progressent considérablement dans les projections à long terme, grimpant de la 30ᵉ à la 5ᵉ place d’ici à 2036.

Bien que les préoccupations environnementales reculent à court terme, elles dominent toujours à l’horizon de dix ans : Cinq des dix principaux risques à long terme restent d’ordre climatique ou écologique, avec les événements météorologiques extrêmes en tête.

Le rapport analyse six dynamiques clés, dont le « multipolarité sans multilatéralisme », les « valeurs en guerre » et les impacts disruptifs de « l’IA généralisée ».

Malgré ce constat alarmant, le WEF appelle à une coopération renouvelée, même dans un monde fragmenté. Il plaide pour des « coalitions de volontaires », des partenariats public-privé et des investissements en R&D pour atténuer les pires scénarios. « L’avenir n’est pas prédéterminé. Il dépendra des choix collectifs faits dès aujourd’hui. », conclut le rapport.

Le Global Risks Report 2026 s’appuie sur les perceptions de plus de 1300 experts et dirigeants, ainsi que sur les données de plus de 11 mille chefs d’entreprise dans 116 économies.