” La Tunisie peut devenir une référence euro-méditerranéenne du textile durable, si elle réussit la triple transition numérique, écologique et générationnelle de son secteur textile “, a estimé, jeudi, le président de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH), Haithem Bouagila.
S’exprimant lors d’un atelier d’information intitulé « Les enjeux, les défis et les opportunités liés à la durabilité dans le secteur du textile » organisé, jeudi, à Tunis, par la FTTH, en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), il a ajouté que cette triple condition n’est pas une contrainte pour le textile tunisien mais plutôt son principal levier de compétitivité et de différentiation internationale et de sécurisation de l’emploi.
Toujours selon lui « le secteur textile tunisien a un fort potentiel de développement si certaines conditions sont réunies.
Il s’agit notamment d’un financement souple et intelligent, d’un cadre réglementaire et juridique plus digitalisé et plus moderne, d’une stratégie globale axée sur la création de la valeur, la recherche et développement, l’innovation et la durabilité ainsi que du développement d’un entrepreneuriat audacieux, responsable et évolutif.
De son côté, Hassen Messedi, Banquier principal chez la BERD, a affirmé que le secteur textile tunisien fait aujourd’hui face à plusieurs défis structurants.
Il s’agit notamment d’une pression accrue sur les coûts, d’une concurrence internationale intense, des exigences croissantes des donneurs d’ordre européens en matière de durabilité, de traçabilité et de conformité ESG et d’une transition nécessaire vers des modèles à plus forte valeur ajoutée.
« Mais ces contraintes sont aussi des opportunités. La proximité géographique avec l’Europe, la qualité et le savoir faire de la main-d’œuvre tunisienne, l’agilité des entreprises locales et l’expérience accumulée sur les chaînes de valeur internationale placent la Tunisie dans une position unique pour devenir un hub textile durable et compétitif, intégré dans les chaines de valeur internationales »a-t-il ajouté.
Toutefois, l’avenir du textile tunisien passe d’abord, selon lui, par la montée en gamme, c’est-à-dire par plus de design et de création, plus d’innovation, une intégration locale renforcée, et une moindre dépendance aux seuls modèles de sous-traitance à faible marge.
L’avenir du secteur dépend aussi, selon Messedi, de l’amélioration de l’efficacité énergétique, d’une gestion responsable de l’eau, de la réduction de l’empreinte carbone, et de la conformité aux standards environnementaux internationaux.
Par ailleurs, a-t-il enchaîné, un secteur compétitif est un secteur qui investit dans son capital humain à travers la formation, l’inclusion, la sécurité et une gouvernance moderne et responsable.


