Des agriculteurs et habitants des régions de Touza et Jemmel, dans le gouvernorat de Monastir, ont exprimé leur « rejet catégorique et définitif » du projet de création d’un site de déversement des margines dans la localité d’El Mechref, située entre les deux villes.
Dans une pétition adressée à l’ensemble des autorités concernées, les protestataires ont qualifié ce projet “d’atteinte flagrante à leur droit à un environnement sain, et de menace directe pour la source de subsistance de centaines de familles”.
Cette position s’explique par “les graves dommages causés par les margines à la nappe phréatique ainsi que par la dégradation des terres agricoles fertiles, transformées en sols non productifs en raison de la salinisation et du manque d’oxygène dans le sol”.
Les protestataires ont affirmé que ce projet va à l’encontre de la législation en vigueur, notamment le Code des eaux et le décret régissant la gestion des margines, lesquels interdisent strictement leur déversement anarchique en raison de leurs graves impacts environnementaux et sanitaires, tels que les nuisances olfactives et la prolifération d’insectes vecteurs de maladies.
Le nombre de sites de déversement de margines autorisés dans le gouvernorat de Monastir s’élève à cinq, un chiffre jugé insuffisant pour absorber les quantités produites durant la saison en cours, notamment après l’opposition de composantes de la société civile à l’ouverture des sites d’Oued El Jebs à Ouardanine et de la route de Mahdia dans la délégation de Béni Hassen.
À ce sujet, le président de la Chambre nationale des propriétaires de huileries, Adel Tebini, a affirmé que les sites de déversement de margines ne représentent aucun danger pour la santé publique, estimant que les protestations contre leur création dans plusieurs régions, sont “dénuées de fondement”.
Par ailleurs, le commissariat régional au développement agricole (CRDA) à Monastir avait organisé, en collaboration avec la délégation de Jemmal, le 27 octobre dernier, une journée d’information et de sensibilisation sur la valorisation des margines dans le secteur agricole
La responsable de la cellule territoriale de vulgarisation agricole à Moknine, Randa Frigui, a indiqué à l’Agence TAP que la margine « constitue une richesse naturelle, riche en sels minéraux et en matières organiques, qui doit être valorisée ».
Elle a précisé que son utilisation est recommandée dans la limite de 50 m3/hectare, ce qui correspond à 30 tonnes de matières organiques, 80 kg de superphosphate, 920 kg de potassium et 82 kg d’ammonitrate et de phosphore, contribuant ainsi à l’amélioration des propriétés du sol et à une meilleure perméabilité à l’eau.


