L’expert-comptable Anis Wahabi a analysé, ce mercredi 7 janvier 2026, la loi de finances 2026, composée de 110 articles, en mettant en avant sa dimension sociale en cohérence avec les orientations générales de l’État. Il a toutefois pointé l’absence du document explicatif des motifs et de la note de présentation, estimant que cela nuit à la transparence financière.
Dispositions jugées inapplicables
Sur les ondes d’Expressfm, Wahabi a déclaré que certaines mesures sont difficiles à appliquer. Il cite notamment l’article relatif à « une voiture pour chaque famille » et l’ouverture de comptes en devises étrangères. Il évoque également d’autres articles rédigés de façon « étrange », qui ne respecteraient pas les normes juridiques reconnues.
Contribution sociale de solidarité maintenue
La loi poursuit la contribution sociale de solidarité, instaurée en 2023 et appliquée depuis avec un taux de 0,5 % pour les personnes physiques et 3 % pour les entreprises. Initialement prévue pour être supprimée pour les particuliers en 2026, la loi en a reporté l’annulation. Wahabi précise aussi que la déduction totale et sans plafond des dons est étendue aux entreprises communautaires et à l’Union tunisienne de solidarité.
L’exonération de l’impôt sur le revenu pour le transport pris en charge par l’employeur, auparavant limitée aux zones industrielles, est désormais généralisée à tout le pays. La loi prévoit aussi un allègement progressif de l’imposition des pensions de retraite, mais son application a été reportée à l’année prochaine pour des raisons financières.
Impôt sur la fortune : cadre et limites
L’impôt sur la fortune concerne les personnes physiques et s’applique aux biens mobiliers et immobiliers situés en Tunisie, ainsi qu’aux biens à l’étranger pour les résidents. La résidence principale, le mobilier d’usage domestique, les biens professionnels, les actifs commerciaux, les véhicules de moins de 12 chevaux fiscaux et les dépôts bancaires sont exclus.
Wahabi estime que le rendement restera limité sans mécanismes de contrôle clairs et met en garde contre les impacts sur le capital productif. Il rappelle que la législation est souvent adoptée sans études d’impact préalables.
Facturation électronique élargie
La loi élargit la facturation électronique à tous les prestataires de services, au-delà des grandes entreprises et secteurs spécifiques (médicaments, carburants). Wahabi souligne que la notion de prestataire de services reste floue et s’interroge sur la capacité du système TTN à gérer 380 000 prestataires, évoquant un climat d’inquiétude en raison des sanctions prévues en cas de non-conformité.
Il appelle le gouvernement à clarifier cette mesure et à proposer des solutions pratiques pour assurer son application sans pénaliser les prestataires de services.


