La sélection tunisienne affrontera demain samedi le Mali au complexe Mohammed V de Casablanca, en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations Maroc 2025. L’enjeu est clair : une place en quarts de finale. À la veille de ce rendez-vous décisif, techniciens et observateurs ont livré une analyse détaillée des forces et faiblesses des deux équipes lors d’un débat organisé au studio TV de l’Agence Tunis-Afrique Presse (TAP).

Une qualification acquise, mais des fragilités persistantes

Ancien sélectionneur national, Ridha Jeddi estime que la Tunisie a rempli son premier objectif en atteignant les huitièmes de finale, malgré une irrégularité marquée dans le jeu. Il pointe un manque de réalisme tactique, notamment sur le plan défensif, illustré par cinq buts encaissés en trois matchs de phase de groupes. Pour Jeddi, la flexibilité du staff dans les schémas tactiques constitue un point positif, à condition de préserver les fondamentaux et de protéger les joueurs des pressions extérieures.

Le Mali, un adversaire solide et athlétique

Ridha Jeddi souligne la richesse de l’effectif malien, composé de nombreux joueurs évoluant dans des clubs européens. Selon lui, la force du Mali réside dans son dynamisme, sa puissance physique et son milieu de terrain, capable d’assurer des transitions offensives rapides tout en maintenant un bloc défensif solide lorsqu’il mène au score.

Le milieu de terrain, clé du match

Pour le technicien, la réussite tunisienne dépendra de la capacité du milieu à contenir l’impact malien. L’engagement physique et la récupération du ballon, assurés par des joueurs comme Elias Achouri, Houssem Tka et Hannibal Mejbri, devront permettre des transitions rapides vers une attaque directe, avec un meilleur réalisme sur les occasions et les balles arrêtées.

Doute, pression et choix tactiques

L’ex-international Karim Aouadhi partage le constat d’une performance en demi-teinte lors de la phase de groupes. Il évoque un doute installé dans le groupe et insiste sur la gestion de la pression comme facteur déterminant. Selon lui, certaines participations récentes auraient pu être évitées pour préserver des cadres comme Aymen Dahmen, Yassine Meriah ou Ferjani Sassi.

Aouadhi estime également que le schéma tactique doit s’adapter aux qualités tunisiennes plutôt qu’à celles de l’adversaire, afin d’éviter un scénario similaire au match face au Nigeria. Il lie les chances de qualification au rendement du milieu, notamment avec des profils récupérateurs comme Mohamed Belhaj Mahmoud, et plaide pour plus de vitesse dans la construction offensive. Il suggère aussi d’éviter les erreurs défensives coûteuses et d’envisager un changement de gardien.

Une rencontre qui se jouera sur des détails

Le journaliste Labib Sghaier rappelle que la Tunisie avait atteint les demi-finales de la CAN 2019 avec seulement trois points en phase de groupes. Pour lui, la qualification reste possible malgré les prestations hésitantes, en partie dues à des changements tactiques excessifs. Il décrit le Mali comme un adversaire traditionnel de la Tunisie et estime que l’issue du match se jouera sur des détails, avec un risque de prolongations si l’efficacité et la concentration ne sont pas au rendez-vous.