Les souscriptions de l’emprunt obligataire viennent d’être clôturées. Alors que certains sur la place financière de Tunis estiment que ses objectifs n’ont pas été atteints, au ministère des Finances on considère que l’opération est une réussite.

Pour précision, l’emprunt obligataire a été lancé pour parer aux difficultés des finances publiques et en prime l’augmentation de la dette extérieure à des volumes insoutenables.

Le point sur ledit emprunt avec Kaouther Babia, directrice générale de de la Gestion de la dette et de la coopération financière au ministère des Finances. 

715,6 millions de dinars par l’émission d’un Emprunt Obligataire National dont les souscriptions ont été clôturées le 28 juin 2021. Vos objectifs ont-ils été atteints ?

Kaouther Babia : Oui, les objectifs ont été atteints en termes de montant et de ciblage : le montant a dépassé la barre supérieure indiquée (700 MDT). 

Quelle est la part de vos cibles (personnes physiques, banques ou entreprises) dans cet emprunt ? Et à quelle hauteur ? 

Il faut attendre 1 ou 2 jours ouvrables pour connaître parfaitement la base des investisseurs, mais on connaît déjà cette répartition :

Comptes propres (banques) 

125 000 000,00 (18%)

Clients Tunisiens LIBRES 

208 795 060,00 (29%)

Clients Tunisiens GERES 

9 520 500,00 (1%)

FCP : OPCVM 

372 321 000,00 (52%)

 

La part des personnes physiques n’est pas encore cernée dans les catégories B et C, mais nous savons que la catégorie A (exclusive pour cette catégorie d’investisseurs) a avoisiné les 6 MDT.

Ce qui est apparent, c’est que les FCP (fonds communs de placement), qui étaient vraiment notre cible au moment de l’investigation du marché et de la décision de décréter l’Emprunt national, ont bien assuré avec 52% des souscriptions.

Pour les entreprises et autres institutions financières et non financières, on attend encore la communication du registre des souscripteurs, mais on est dans la mesure de certifier que les compagnies d’assurance ont bien été présentes. 

Les banques ont-elles assuré ?

Les banques ont participé à collecter 27% des fonds (contre 73% pour les intermédiaires en Bourse) et ont quand même souscrit 18% pour leurs propres comptes.

C’est vrai que leur engouement peut paraître un peu faible, mais c’était attendu, comme plusieurs d’entre elles font l’arbitrage entre la souscription à l’Emprunt national et le marché des Bons du Trésor dans le cadre de leurs enveloppes annuelles dédiées aux titres de l’Etat. D’où notre ciblage initial suscité, presque déclaré et connu par les intervenants avertis de la place. Ceci étant, plusieurs banques nous ont fait part de leur préférence d’attendre la tranche suivante pour se manifester. 

Pensez-vous reconduire cet emprunt si besoin est ? 

Tout à fait, comme on perçoit cette opération comme une réussite, on compte la reconduire prochainement après qu’une nouvelle investigation des capacités du marché sera faite et qui serait à même de définir les éventuelles nouveautés dans les conditions de l’emprunt et les cibles potentielles.

Entretien conduit par Amel Behadj Ali