Négociations sur la dette ukrainienne : les créanciers privés refusent de renoncer à une partie de leur mise de départ

4486c2037f9ec0dbb299816c7b65e51a9cb2e0bc.jpg
un an (Photo : Sergei Supinsky)

[17/06/2015 13:54:23] Kiev (AFP) Les créanciers privés, qui négocient avec Kiev la restructuration de sa dette extérieure, se sont dit fermement opposés à une réduction de la valeur de leur investissement d’origine dans une lettre ouverte publiée mercredi par le Financial Times.

“Une décote envoie le mauvais signal aux marchés de capitaux mondiaux alors que l’Ukraine ne peut se permettre d’être isolée”, ont écrit les créanciers, au premier rang desquels figure la société d’investissements américaine Franklin Templeton.

“L’Ukraine et son milieu des affaires ont besoin d’avoir accès au financement. Or, cela pourrait être mis en danger”, ont-ils ajouté dans cette lettre, intitulée “Une décote appliquée aux obligations est la mauvaise voie pour l’Ukraine”.

Kiev a engagé des négociations avec ses créanciers privés pour rééchelonner sa dette, qui explose après trois ans de récession économique et le conflit dans l’est du pays avec les rebelles. Ces négociations doivent en principe permettre de dégager 15 milliards de dollars supplémentaires qui seraient économisés sur le service de la dette.

L’Ukraine souhaite non seulement retarder et réduire le paiement du service de la dette, mais aussi réduire la valeur d?origine des obligations.

Les créanciers privés ont de leur côté suggéré aux autorités de puiser dans les réserves de la Banque centrale ukrainienne pour les payer, une suggestion immédiatement rejetée par la ministre des Finances Natalie Jaresko.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui s’est engagé à verser à l’Ukraine 17,5 milliards de dollars sur quatre ans dans le cadre de son programme de réformes économiques, s’est aussi dit opposée à cette idée.

Selon Christine Lagarde, l’Ukraine a besoin de conserver d’importantes réserves monétaires pour assurer le succès de son programme de réformes “et à ce titre, les réserves de la Banque nationale ukrainienne ne peuvent être utilisées pour le service de la dette extérieure sans que le gouvernement ne contracte davantage de dette, ce qui serait incompatible avec le succès de l’opération”.

Le gouvernement ukrainien a pour sa part menacé de geler le paiement de la dette extérieure abyssale de l’Ukraine en cas d’échec des négociations en cours sur sa restructuration.