MyFerryLink : le personnel ne sera pas repris à 100%, prévient le PDG d’Eurotunnel

Par : AFP
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été Eurotunnel, le 13 mars 2014 à Paris (Photo : Patrick Kovarik)

[08/06/2015 09:54:41] Paris (AFP) Le PDG de la société Eurotunnel a prévenu lundi que le personnel de MyFerryLink ne serait pas repris à 100% par la société danoise DFDS, qui va racheter deux des trois navires effectuant des liaisons entre la France et l’Angleterre.

“Ca sera un plan de cession avec une reprise, je l’espère maximale, des effectifs mais qui ne sera pas égale évidemment à 100% des effectifs concernés, je crois que tout le monde l’a compris depuis longtemps”, a déclaré Jacques Gounon lors d’une conférence de presse téléphonique.

“J’ai toujours dit que dès lors que les bateaux étaient vendus à un opérateur présent sur le Détroit (de la Manche) qui avait ses propres équipes au sol et ses propres équipes administratives, commerciales et comptables, c’est une évidence que s’il y a cession de la Scop (SeaFrance ndlr) ça ne peut pas être pour la totalité des personnels”, a insisté M. Gounon.

Plus tôt lundi, la direction de la Scop SeaFrance avait indiqué que DFDS conserverait le personnel des deux navires qu’Eurotunnel va lui céder, jusque-là exploités par MyFerryLink, émanation commerciale de la Scop.

Eurotunnel avait décidé fin mai de ne pas renouveler son contrat avec la Scop, qui court jusqu’au 2 juillet.

Cette décision avait relancé l’incertitude autour de l’avenir des quelque 600 salariés de la société. M. Gounon n’a pas donné de détails sur le nombre d’emplois qui ne seraient pas sauvegardés.

Il s’est en revanche dit déterminé à “accélérer le processus de transfert d’activité pour qu’il n’y ait pas d’interruption de service” en période estivale, cruciale en terme de recettes.

Le groupe Eurotunnel, qui exploite le tunnel sous la Manche, se veut confiant dans l’autorisation que doit désormais donner l’autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) à cette opération “qui se traduira par 2 opérateurs maritimes d’égale importance”.

Outre DFDS, le Britannique P&O assure des liaisons entre Calais et Douvres. La compagnie française propose elle chaque semaine plus de 200 traversées uniquement entre Calais et Douvres.

En revanche, Eurotunnel souhaite “poursuivre son exploitation en frêteur”, de son troisième navire, le Nord-Pas-de-Calais, et en fera la demande aux autorités de la concurrence.

En 2012, Eurotunnel avait racheté les bateaux de l’ex-SeaFrance pour les louer à d’anciens marins de la compagnie regroupés dans la Scop SeaFrance qui affrète les navires au groupe Eurotunnel, via MyFerryLink.

Mais un long feuilleton judiciaire a pesé sur l’activité, les autorités britanniques estimant que cette situation posait des problèmes de concurrence.

Mi-mai, la cour d’appel britannique a donné raison à la compagnie maritime française, suspendant l’interdiction de desservir Douvres depuis Calais.

Cette victoire de MyFerryLink n’a pourtant pas “modifié la donne” pour le groupe Eurotunnel, car la CMA envisageait de poser un recours devant la Cour suprême.